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Des jeunes du Guatemala, membres d'une caravane en direction des Etats-Unis, le 21 janvier 2020 Des jeunes du Guatemala, membres d'une caravane en direction des Etats-Unis, le 21 janvier 2020  (AFP or licensors)

L’émigration, une préoccupation pour les évêques guatémaltèques

L'évangélisation, l'Amazonie et le contexte sociopolitique du Guatemala: tels sont les thèmes examinés dans le document final de l'Assemblée plénière des évêques guatémaltèques qui s’est tenue du 3 au 7 février dernier.

Isabella Piro – Cité du Vatican

Dans le document final de leur assemblée plénière, les évêques écrivent que leur premier devoir est de «promouvoir, guider et animer l'évangélisation dans le pays», avec l'aide de prêtres, de personnes consacrées et de nombreux laïcs. «Notre mission permanente, peut-on lire,  est la suivante: annoncer Jésus-Christ, la lumière qui donne un sens à notre vie et ouvre des chemins d'espérance». L’évangélisation était un point central de leur assemblée comme en témoigne le verset ouvrant le document final: «Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous» tiré de la Première Lettre de Pierre (3, 15).

Des futurs bienheureux

Dans un tel contexte, les évêques expriment leur satisfaction après la reconnaissance du martyre des serviteurs de Dieu Joseph Marie Gran Cirera et de ses deux compagnons, prêtres profès des Missionnaires du Très Sacré Cœur de Jésus, ainsi que celui de sept compagnons laïcs, dont un jeune garçon de douze ans, tués en haine de la foi au Guatemala entre 1980 et 1991. Le 23 janvier dernier, en effet, le Pape François a autorisé la Congrégation pour les Causes des Saints à promulguer le décret qui donne le feu vert à la béatification des dits «martyrs d'El Quiché». Pour les évêques ces futurs bienheureux «constituent un nouveau témoignage qui (les) encourage à suivre Jésus».

L’espoir d’une politique visant le bien commun

Examinant le contexte socio-politique du Guatemala, l'Église locale souligne que 2020 apparait comme une année test pour les nouvelles autorités. Le conservateur Alejandro Giammattei a été élu président en août dernier. A tous ceux qui viennent de prendre leur fonction à la suite de l’élection, les prélats guatémaltèques expriment «l'espoir que leur priorité sera le bien commun et que les pratiques politiques néfastes et répétées liées à la corruption et à l'absence de l'État dans les domaines qui relèvent de sa compétence, seront interrompues». L'objectif premier des nouvelles autorités, demandent les évêques, doit être «la promotion d'une société inclusive, faite d'opportunités pour tous, afin de relancer le développement humain intégral de la population et d'éviter que les gens soient obligés d’émigrer pour échapper à la pauvreté».

La création d’emploi, une priorité

Dans leur document, les évêques évoquent d’ailleurs la question migratoire. Ils appellent chacun à la solidarité avec ceux qui «fuient des situations de pauvreté et de violence» pour contribuer à «alléger leurs souffrances». Les évêques jugent «nécessaire et centrale» la création d’emplois et d’opportunités de développement pour les nombreux jeunes qui constituent «une richesse indéniable du Guatemala». A ce titre, ils souhaitent que des «canaux de dialogue efficaces» soient établis entre les différents secteurs de la société, en recherchant des «accords communs» qui dépassent les «préjugés».

L’Amazonie

Enfin, les évêques disent attendre avec hâte la publication imminente - prévue pour le 12 février - de l'Exhortation apostolique post-synodale du Pape François, le fruit de l'Assemblée spéciale du Synode des évêques pour la région panamazonienne qui s’est tenue au Vatican en octobre dernier.

En attendant cette publication, les évêques invitent leurs fidèles et les personnes de bonne volonté «à prendre au sérieux» ce que le Pape François a affirmé dans son message pour la Journée mondiale de la paix 2020: «Face aux conséquences de notre hostilité envers les autres, du manque de respect de la maison commune et de l’exploitation abusive des ressources naturelles – considérées comme des instruments utiles uniquement pour le profit d’aujourd’hui, sans respect pour les communautés locales, pour le bien commun ni pour la nature – nous avons besoin d’une conversion écologique. Le récent synode sur l’Amazonie nous pousse à adresser, de manière nouvelle, l’appel à une relation pacifique entre les communautés et la terre, entre le présent et la mémoire, entre les expériences et les espérances».

09 février 2020, 18:26