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La Paz, capitale bolivienne, dominée par la statue du Christ Rédempteur La Paz, capitale bolivienne, dominée par la statue du Christ Rédempteur  (AFP or licensors)

Bolivie: les candidats chrétiens à la présidentielle appelés à la cohérence

Les évêques exigent que tous les projets et programmes des candidats à la prochaine élection présidentielle soient motivés par un réel souci du bien commun ; ils demandent en particulier aux candidats chrétiens de vivre et d’agir en cohérence avec la foi qu’ils professent.

«En cette période de campagne, l'insulte, le mensonge et la calomnie semblent prévaloir. Ce sont des attitudes qui sont diffusées quotidiennement par les médias à l'ensemble de la population» : c'est ce que constate le père José Fuentes Cano, secrétaire général de la Conférence épiscopale bolivienne, en parlant de l’élection présidentielle prévue le 3 mai prochain, six mois après le scrutin précédent dont le résultat contesté avait conduit à une révolte sociale dans le pays et à la démission d’Evo Morales.

L'importance de la morale et de la vie des candidats chrétiens

«Nous demandons aux candidats que tous les projets et programmes soient motivés par l'amour de leurs frères et sœurs et par un engagement constant pour la croissance du peuple bolivien», a ajouté le père Fuentes Cano. «La vie que nous menons est ce qui fait de nous des disciples du Christ, c'est-à-dire des chrétiens», a-t-il expliqué. «Cela est fondamental pour les croyants, mais encore plus pour les candidats et, plus généralement, pour les hommes politiques qui se déclarent chrétiens. Ce n'est pas la profession de foi qui les rend semblables au Christ, mais les décisions qu'ils prennent, leur morale, la vie qu'ils mènent». Alors que le ton de la campagne se durcit sensiblement, le secrétaire général de la conférence épiscopale dénonce les comportements de certains : «la médisance et l’insulte sont devenus une sorte de passe-temps, presque pour retenir l'attention et ne pas s'ennuyer».

Les huit formations en lice

En mai, huit formations s'affronteront pour le vote ; sept d’entre elles affichent un objectif commun : empêcher le retour au pouvoir du Mouvement pour le socialisme (Mas) d'Evo Morales. L’ancien président a désigné candidat son ancien ministre de l'économie, Luis Arce, soutenu par l'ancien ministre des Affaires étrangères, David Choquehuanca. Face à eux, l'actuelle présidente par intérim, Jeanine Anez, deux anciens présidents (Carlos Mesa et Jorge "Tuto" Quiroga) et quatre autres candidats brigueront la magistrature suprême. Il s'agit de l'ancien président du 'Comite Pro Santa Cruz', Luis Fernando Camacho, du gouverneur du département de La Paz, Félix Patzi, du prédicateur évangélique Chi Hyun Chung et de la candidate du Partido Accion Nacional Boliviano, Ruth Nina.

«L'amour, la réconciliation, le pardon, c'est ce qui fait de nous des chrétiens»

«Voilà l'offrande qui plaît à Dieu», a souligné le père Fuentes Cano. «Être chrétien ne signifie pas seulement ne pas tuer -ce qui est déjà important- mais aussi prendre soin de son frère. Chaque jour, nous avons sous les yeux tant d'attitudes, voire des habitudes, d'attaques sans scrupules, exercées le plus souvent par le langage, à l'égard de nos frères et sœurs. Si nous continuons à prier ou à pratiquer le jeûne sans que ces actions fassent de nous des personnes aimantes, tout cela est inutile»

17 février 2020, 17:11