Recherche

Vatican News
Un arrêt de bus à Lagos, capitale du Nigéria - 13 février 2020 Un arrêt de bus à Lagos, capitale du Nigéria - 13 février 2020 

Nigéria: les catholiques appelés à manifester et à prier pour la paix ce mercredi

Le Secrétariat catholique du Nigéria a appelé à la mobilisation des fidèles le Mercredi des Cendres, en signe de solidarité avec les nombreuses personnes enlevées et tuées dans ce pays en proie à de fréquentes attaques de groupes islamistes.

Un début de Carême sous le signe du deuil: mercredi, les catholiques de tous les diocèses du Nigéria sont invités à sortir dans les rues du pays revêtus de noir, en souvenir de leurs compatriotes victimes d’une violence que rien ne semble arrêter. Le père Zacharia Nyantiso Samjumi, secrétaire général du Secrétariat catholique du Nigeria (CSN), a fait part de cette initiative lors d’une conférence de presse, en encourageant aussi les fidèles à participer à des temps de prière pour la paix. «J'ai été chargé par le Conseil de la Conférence des évêques du Nigeria (CBCN) de vous informer que l'Église doit parler avec des mots et agir contre le niveau d'insécurité dans le pays», a déclaré le père Samjumi aux journalistes.

Par ailleurs, dans un texte adressé aux curés du Nigéria, le Conseil de la CBCN ajoute que «le dimanche 1er mars, il n'y aura pas de messe du soir dans nos paroisses. Nous organiserons une manifestation pacifique dans la prière contre les meurtres et l'insécurité qui persistent dans notre pays».

La tristesse et l’espérance des évêques

Les évêques ont déjà invité à la prière dans leur message pour le mercredi des Cendres, publié le 21 février, demandant aux fidèles du pays de se souvenir de leurs «frères et sœurs assassinés et pour la paix et la sécurité au Nigéria». «Nous sommes tristes. Nous sommes dans la douleur et le chagrin. Mais nous sommes convaincus que la lumière du Christ, qui brille dans nos cœurs, illuminera les recoins les plus sombres de la société nigériane», écrivent-ils. «Le niveau d'insécurité au Nigeria est aujourd'hui tel que la plupart des Nigérians vivent dans la peur, à la fois chez eux et dans la rue, et dans toutes les régions du pays», expliquent les évêques, ajoutant que «les exécutions barbares continues de chrétiens par les insurgés de Boko Haram et les enlèvements continus à des fins d'extorsion par le même groupe et d'autres terroristes ont traumatisé les citoyens».

Manque de moyens pour contenir le terrorisme

Apparu en 2002, Boko Haram, qui a fait allégeance à l'État Islamique en 2015, aurait selon l'ONU assassiné plus de 8 000 personnes dans le pays et enlevé plusieurs milliers de femmes pour en faire des esclaves sexuelles. La communauté chrétienne constitue une cible privilégiée: fin décembre dernier, onze otages chrétiens ont été exécutés; le 8 janvier, quatre séminaristes ont été enlevés, puis relâchés au cours du mois, à l’exception de l’un d’entre eux qui a été tué. Le 14 février, un prêtre a été enlevé, puis libéré quatre jours plus tard.

L’insuffisance de moyens face au fléau de la violence est souvent pointée du doigt:  20 février dernier, le gouverneur de l'État de Borno, où Boko Haram est particulièrement influent, a déclaré que le Nigeria avait besoin de 100 000 soldats supplémentaires pour combattre efficacement le groupe jihadiste.

(Avec Fides)

24 février 2020, 14:07