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Des Nicaraguayens se rassemblent pour prier pour la libération de prisonniers politiques en la cathédrale de Managua, la capitale du pays, le 16 juin 2019 Des Nicaraguayens se rassemblent pour prier pour la libération de prisonniers politiques en la cathédrale de Managua, la capitale du pays, le 16 juin 2019 

Nicaragua: l’Église dénonce les intimidations menées par la police

Dans une vidéo transmise à l’agence Fides, le vicaire général de l'archidiocèse de Managua, Mgr Carlos Avilés, évoque des actes d’intimidation menés par l’État nicaraguayen à l’encontre des fidèles catholiques. Une plainte a été déposée par l’Église de ce pays d’Amérique centrale.

«Des membres des forces de l'ordre prennent note du numéro de plaque d'immatriculation des voitures des fidèles, pour le seul fait qu'ils vont à la messe dans une paroisse, rapporte Mgr Carlos Avilés dans cette vidéo. Cela est ridicule. Cependant, l’Église a déjà fait cette expérience de persécution au cours des années 1980. Malgré cela, nous ne cessons ni notre action ni notre mission [consistant à] évangéliser et à être aux côtés du peuple», assure le prélat.

Mgr Avilés indique qu'une plainte a officiellement été déposée par l'Église en raison de ces agissements. «Grâce à Dieu, ajoute-t-il, l'Église reflète ce que vit la société, ce que vit le peuple. Nous n'avons aucun pouvoir, ni militaire, ni politique, permettant d'affronter et de lutter contre une répression gratuite». L’Église catholique peut seulement se tenir «aux côtés du peuple» ou se faire le relai des «requêtes de justice du peuple».

Le vicaire général de l'archidiocèse de Managua conclut en demandant aux membres de la police de mettre un terme à la persécution subie par les fidèles. «Nous ne pouvons pas vivre dans un environnement de répression. Il faut vivre dans un esprit chrétien, dans la paix et l'harmonie», souligne-t-il.

De discrets signes d’espoir

Le climat politique et social du Nicaragua est toujours caractérisé par de violentes tensions, dont les paysans et les représentants de la société civile sont les premières victimes, subissant persécutions et menaces, souvent jusqu’à la mort. De moins en moins d’entrepreneurs soutiennent la politique économique du gouvernement, avec des conséquences négatives sur le marché international. La presse est étroitement surveillée et censurée, tandis que les partis d'opposition voient leurs moyens d’action restreints.

Toutefois, selon Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, «le peuple donne actuellement des leçons d'unité. Il le fait dans la vie quotidienne, en visant les grands idéaux de manière à construire un nouveau Nicaragua, une grande nation parce que la véritable unité est faite par le peuple». De quoi confirmer qu’une nation plus libre et unie ne sera pas une simple utopie, si les Nicaraguayens s’engagent concrètement. 

17 janvier 2020, 11:03