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Vatican News
Des habitants se rassemblent à Erbil le 8 janvier 2020, peu après la riposte menée par l'Iran Des habitants se rassemblent à Erbil le 8 janvier 2020, peu après la riposte menée par l'Iran   (ANSA)

Irak: à Erbil, les frères dominicains ne cessent pas de prier pour la paix

Cinq jours après l'élimination du général Qassem Soleimani par les États-Unis, l'Iran a riposté mercredi en tirant des missiles contre deux bases abritant des soldats américains en Irak. Selon le commandement militaire irakien, 22 missiles ont été lancés depuis l'Iran contre les bases d'Aïn al-Assad et d'Erbil. Dans cette dernière ville se trouve un couvent de dominicains; l’un des frères témoigne.

 «Le soleil se lève sur Erbil : entre ombre et lumière, nous prions pour la paix en Irak et dans la région. Pas de victimes ici ce soir: que le dialogue entre les personnes de bonne volonté l'emporte», a indiqué à l’agence d’information italienne Sir la communauté du couvent dominicain Pierre Martyr, situé à Erbil (Kurdistan irakien), suite aux attaques survenues mercredi 8 janvier au petit matin. Parmi les missiles tirés depuis l'Iran et visant les forces militaires américaines et internationales stationnées dans la région, l'un est tombé à 50 kilomètres d’Erbil, en pleine campagne, explosant sans faire de victimes, d’après des sources locales. Un autre est tombé à proximité sans exploser.

Peur d'une escalade de la violence

Le couvent des frères dominicains est situé juste à côté de l'aéroport d’Erbil. Le prêtre dominicain français Olivier Poquillon, ancien Secrétaire général de la Comece (Commission des Épiscopats de l'Union européenne), a rejoint cette communauté en septembre dernier. Il est au service de la paroisse latine et participe également à la reconstruction du couvent de Mossoul, détruit en 2016 par les islamistes. Le dominicain a évoqué à l'agence Sir une situation inquiétante pour tout le monde, et il espère que la politique menée par Washington et Téhéran ne mettra pas en danger d'autres vies humaines. Ce mercredi matin, a par ailleurs indiqué le père Olivier Poquillon, les enfants sont retournés à l'école et les adultes se sont rendus au travail. «Nous avons prié pour la paix et nous continuons à le faire», a-t-il ajouté.

La peur d'une nouvelle émigration massive existe, même chez les chrétiens: ce ne sont pas seulement les missiles que l’on redoute à Erbil, rapporte Sir, mais l'attente elle-même, l'incertitude, et une escalade de la guerre. Le cas échéant, les forces iraniennes et américaines pourraient s’affronter sur le terrain, et la guerre pourrait s'étendre à l'Irak, aux pays arabes, peut-être à Israël, au Liban, et à la Syrie. Des terres déjà tourmentées par la guerre et soumises à un fort exode de leurs populations.

09 janvier 2020, 16:20