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Cathédrale Notre-Dame de Lujan, à La Paz, la capitale bolivienne, le 2 décembre 2019 Cathédrale Notre-Dame de Lujan, à La Paz, la capitale bolivienne, le 2 décembre 2019  (AFP or licensors)

Bolivie: les évêques espèrent plus de justice et d’unité pour leur pays en 2020

Dans un message publié à l’issue de leur dernière assemblée extraordinaire, les évêques de Bolivie reviennent sur les bouleversements politiques récemment traversés par le pays et invitent la population à dépasser les divisions. Noël sera ainsi une occasion de recevoir «le pardon et la réconciliation» nécessaires pour aller de l’avant.

«Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière»: c’est par ce verset du prophète Isaïe (Is 9,1) que s’ouvre le message de la Conférence épiscopale bolivienne (CEB), diffusé à la fin de son Assemblée extraordinaire qui s'est tenue à Tarjia, les 11 et 12 décembre dernier.

Dans ce document, les évêques s'adressent d’abord aux fidèles boliviens en leur souhaitant «joie, espérance et paix pour le prochain Noël», avec le regard tourné vers l'humilité du Christ. La célébration de la Nativité «prend un sens particulier grâce à la foi: en tant que chrétiens baptisés, disciples missionnaires de Jésus Christ, nous sommes appelés à célébrer la naissance du Fils de Dieu dans les institutions du pays, dans nos familles et dans nos vies personnelles, en permettant le pardon et la réconciliation dont tous les Boliviens ont besoin», lit-on un peu plus loin.

Ombres et lumières dans les récents évènements

La situation actuelle du pays est évidemment abordée. «Cette année en Bolivie, nous avons vécu des moments intenses et extraordinaires, avec des signes clairs d'espérance, mais aussi d'obscurité», déclare l’épiscopat. «Nous avons vécu la violence, la corruption politique et les mensonges des institutions. Nous avons également assisté à la résurgence de formes de racisme, qui ont créé des divisions, avec des conséquences fatales pour des frères morts ou blessés», rappellent les évêques, qui se disent solidaires «avec la souffrance des familles» touchées par ces violences.

Ils mentionnent ensuite «les événements admirables qui ont démontré la vocation démocratique de notre peuple». «Nous avons vu les mouvements de protestation pacifiques, les manifestations publiques de foi, la confiance dans la prière et le rôle moteur des jeunes, signes qui nous remplissent d'espérance et nous font espérer des jours meilleurs pour notre pays», assurent les prélats boliviens.

Préserver l’unité pour construire la nation

Ceux-ci montrent aussi leur volonté «de construire une Bolivie unie dans le Dieu de la vie, au-delà des différences». Cette unité se fonde sur «une histoire commune, un avenir commun, un Sauveur commun et une tâche commune, qui est de construire le pays avec justice et développement». Les évêques de Bolivie souhaitent finalement une année 2020 «de plus grande vérité, justice, liberté et de plus grand amour pour tous».

Evo Morales, au pouvoir depuis janvier 2006, a renoncé à la charge présidentielle le 10 novembre dernier, dans un contexte de manifestations massives de l’opposition liées à l’annonce contestée de sa réélection dès le premier tour de l’élection présidentielle du 20 octobre dernier. Après plusieurs jours de confusion institutionnelle, la sénatrice de l’opposition Jeanine Anez est devenue présidente par intérim, le 13 novembre. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plus de 20 morts et des centaines de blessés depuis le 20 octobre.

Dans ce climat de violence et d’instabilité politique, les évêques de Bolivie ont lancé plusieurs appels à la paix et au dialogue.  Le Pape lui-même s’est exprimé sur la situation le 10 novembre dernier, à l’issue de l’Angélus dominical, appelant «tous les Boliviens, en particulier les acteurs politiques et sociaux, à attendre avec un esprit constructif et sans conditions préalables, dans un climat de paix et de sérénité, les résultats du processus de révision des élections, actuellement en cours»

14 décembre 2019, 16:15