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Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, lors de la session d'ouverture de l'Assemblée plénière à Lourdes, le 5 novembre 2019 Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, lors de la session d'ouverture de l'Assemblée plénière à Lourdes, le 5 novembre 2019   (AFP or licensors)

Évêques de France: «renouer la relation avec les victimes d’abus sexuels»

La 69e Assemblée plénière des évêques de France s’est achevée ce dimanche 10 novembre 2019 au sanctuaire marial de Lourdes, après cinq jours de travaux auxquels ont également pris part des laïcs. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, revient à notre micro sur deux des grands thèmes abordés - écologie et lutte contre les abus -, et explique les prochaines étapes à venir.

Entretien réalisé par Hélène Destombes – Cité  du Vatican

Cette Assemblée plénière d’automne s’est tenue sous le signe de la synodalité, chaque évêque étant, c’était une première, accompagné de deux invités de son diocèse.

Dans son discours de clôture, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), est revenu sur les principaux thèmes abordés lors de cette assemblée: l’opportunité écologique, avec cette invitation à passer d’une culture du bien à une culture du lien, et la question des abus sexuels commis au sein de l’Église.

La fraternité, au cœur de l’écologie et du respect de la vie humaine

Pour progresser en matière d’écologie, le président de la CEF a proposé de suivre trois pistes: reconnaître son «péché écologique» - notion mise en avant au Synode spécial des évêques pour l’Amazonie – afin d’avancer vers l’horizon exigeant de la «sobriété heureuse»;  «choisir ou renoncer par amour pour un prochain, même lointain géographiquement», ce qui «est plus réjouissant que le faire pour réduire son empreinte carbone»; enfin, opter pour ce «qui ne serait plus une économie de la quantité des produits mais de la qualité des liens». La bioéthique a aussi été abordée, Mgr de Moulins-Beaufort réaffirmant «la beauté de l’engendrement humain, la joie de l’enfant reçu comme un don et jamais réclamé comme un droit, un don que les époux se font l’un à l’autre et qu’ils reçoivent de Dieu». S’appuyant sur la notion d’écologie intégrale, il a aussi montré en quoi «la fécondité d’une vie peut s’exprimer de bien d’autres manières que dans l’engendrement d’enfants».

Un chemin de vérité et de réconciliation

Concernant les abus, l’archevêque de Reims, reprenant la formule d’un évêque, a évoqué «une infection qui anémiait secrètement le corps de l’Église». Il a reconnu la souffrance des victimes face aux actes subis mais aussi au silence, et à l’aveuglement qui a pu parfois être volontaire. «Nous avons compris que les personnes victimes ne demandaient pas de compassion, ni de compensation de leurs souffrances. Elles veulent la vérité», a-t-il souligné.

Les évêques, lors de cette assemblée, ont manifesté leur volonté de «renouer la relation avec les victimes d’abus sexuels» et signifié «la possibilité (pour les victimes) de recevoir une somme d’argent forfaitaire et unique». Mgr Éric de Moulins-Beaufort revient sur ces réponses données aux victimes.

Mais d'abord, il nous explique ce qu'a apporté la présence de laïcs et de prêtres diocésains dans l'hémicycle. 

Entretien avec Mgr Éric de Moulins-Beaufort
11 novembre 2019, 08:26