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L'Assemblée plénière des évêques de France s'est ouverte ce mardi 5 novembre à Lourdes L'Assemblée plénière des évêques de France s'est ouverte ce mardi 5 novembre à Lourdes  (AFP or licensors)

Lutte contre les abus: l’Église de France franchit un «cap significatif»

À Lourdes, où s’achève leur Assemblé plénière d’automne, les évêques ont adopté le dispositif de reconnaissance de la souffrance vécue par les victimes d’abus sexuels au sein de l’Église, présenté par le groupe de travail mis en place par les conférences des évêques et des religieux. Une somme d’argent «unique et forfaitaire» sera offerte aux victimes, si elles l’acceptent.

«Jusqu’il y a quelques années, l’impact des abus sexuels commis par un adulte contre une personne mineure n’était pas vraiment compris», a reconnu ce matin dans une déclaration publique le président de la Conférence des évêques de France. Cela a changé. La rencontre de victimes a permis aux évêques de prendre conscience du traumatisme des mineurs agressés, a fortiori par un clerc. Alors non seulement la relation du jeune avec l’adulte dont il attendait de la bienveillance e été abîmée mais également sa relation avec Dieu.

A Lourdes, le groupe de travail unissant la conférence épiscopale et la conférence des religieux a présenté un dispositif visant à reconnaître cette souffrance. Les évêques l’ont adopté, notamment pour «manifester clairement et concrètement aux personnes qui leur ont révélé les actes de certains prêtres ou diacres, qu’ils les reconnaissent comme victimes, non seulement de l’atteinte ou de l’agression subie mais aussi du silence, de la négligence, de l’indifférence, de l’absence de réaction ou de mauvaises décisions ou de dysfonctionnements au sein de l’Église».

Un geste de reconnaissance

Les évêques s’engagent a «renouer» avec les personnes agressées qu’ils connaissent pour leur présenter les quatre processus sur lesquels travaille l’Église depuis un an qui visent à conserver la mémoire de ce qui s’est produit, à la prévention de ces actes, aux modalités d’accompagnement des clercs coupables afin que de tels actes ne se reproduisent plus. Les évêques offriront également aux personnes victimes «de recevoir, si elles l’acceptent, une somme d’argent unique et forfaitaire».

Cette somme n’est  ni une indemnisation qui dépend de la justice française ou canonique ni une réparation, souligne Mgr Éric de Moulins-Beaufort. «Elle vise à reconnaître que la souffrance des personnes victimes tient aussi à des manquements d’ordres divers au sein de l’Église».

Reste à définir un montant et à ouvrir le fond nécessaire. Mais ce dispositif vaudra pour toutes les personnes «dont les évêques auront à reconnaître qu’elles ont été abusées sexuellement par un clerc étant mineures».

Soutien à la CIASE

Dans cette déclaration, il est par ailleurs annoncé qu’un fonds dédié de 5 millions d’euros sera constituer pour financer leurs actions de lutte contre les abus sexuels et les travaux de la CIASE. Ils se disent d’ailleurs «impressionnés» par la présentation des travaux de la commission Sauvé visant à faire la lumière sur les cas d’abus depuis les années 1950 au sein de l’Église de France. Ils sont «déterminés» à aider «au maximum» cette commission et appellent les victimes à prendre contact avec la CIASE.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort expriment sa gratitude à tous ceux qui ont travailler à la lutte contre la pédophilie au sein des commissions mises en place, notamment aux victimes ayant accepté de travailler avec l’Église. Le président de la CEF assurent que les évêques «n’oublient pas celles et ceux qui, en raison de ces faits subis ou connus, ont quitté l’Église et renoncé à y trouver quelque fraternité et même quelque vérité que ce soit».

Un travail à poursuivre

Le travail engagé doit continuer. Concernant la prévention et le suivi des clercs coupables, des préconisations doivent être précisées. Quant au travail de mémoire, le groupe propose un «geste liturgique significatif». Les évêques l’encouragent à offrir aux personnes victimes « qui le désireraient la possibilité de faire le récit de leur vie (et pas seulement des faits) et, le cas échéant, de le déposer dans un lieu mémoriel».

09 novembre 2019, 20:39