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Le cardinal Barbarin à son arrivée au tribunal correctionnel de Lyon pour son procès en appel, le 28 novembre 2019. Le cardinal Barbarin à son arrivée au tribunal correctionnel de Lyon pour son procès en appel, le 28 novembre 2019.  (ANSA)

Procès en appel du cardinal Barbarin: la décision sera rendue le 30 janvier

Au terme du procès en appel de l’archevêque de Lyon, accusé de non-dénonciation d’abus sexuels sur mineurs, la cour d’appel du Tribunal a annoncé qu’elle rendra sa décision le 30 janvier 2020.

Au terme de ce deuxième et dernier jour du procès tenu ces 28 et 29 novembre, l’avocat général a requis la relaxe. Le primat des Gaules avait fait appel de sa condamnation à 6 mois de prison avec sursis, le 7 mars dernier, pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels commis par Bernard Preynat, alors prêtre du diocèse de Lyon, sur de jeunes scouts d’une troupe paroissiale, qui n’était pas affiliée à une fédération nationale et n’était donc pas soumise à la régulation habituelle opérée par les différentes branches officielles du scoutisme.

Ces faits remontent à plusieurs décennies, et sont donc bien antérieurs à la prise de fonction du cardinal Barbarin comme archevêque de Lyon en 2002, mais certaines victimes lui reprochent d’avoir maintenu Bernard Preynat en poste en paroisse jusque 2015 et de ne pas avoir tenu compte de leurs accusations.

Pour le parquet, l’infraction n’est pas établie

Mais selon l'avocat général, Joël Sollier, «il est difficile d'estimer que le cardinal Barbarin avait la volonté ou la conscience d'entraver la justice». En l'absence de cet élément intentionnel, il considère que l'infraction n'est pas établie à cette époque et qu'elle est prescrite pour tout ce qui précède. Il n’y a donc pas de base juridique pour une condamnation, selon lui.

Cette position du parquet rejoint la demande de classement sans suite exprimée par le procureur général le 1er août 2016. Elle ne préjuge toutefois pas de la décision finale du Tribunal : en janvier dernier, la demande de relaxe du parquet n’avait pas empêché la condamnation du cardinal lors du jugement en première instance.

Dans des propos relayés par La Croix, l’une des victimes participant aux audiences du procès en appel, Pierre-Emmanuel Germain-Thil, se dit «atterré» par les réquisitions de l’avocat général. «Si les faits avaient été dénoncés, des victimes aujourd’hui prescrites auraient eu droit à un procès.» Au total, neuf d’entre elles ont témoigné lors de ce procès en appel. François Devaux, président de l’association La Parole Libérée, estime que «le ministère public et le gouvernement ne sont pas à la hauteur de la gravité de ce qu’il se passe au sein de la nation». Il se dit prêt à se pourvoir en cassation si la cour suivait les réquisitions de l’avocat général.

Décision le 30 janvier

La cour d’appel rendra sa décision le 30 janvier 2020 à 13h30. Quoiqu’il arrive, l’avocat du cardinal Barbarin a annoncé que son client allait «quitter Lyon». Pour le moment, bien que le diocèse de Lyon soit sous la conduite de Mgr Michel Dubost en tant qu’administrateur apostolique, le cardinal Barbarin demeure, en titre, archevêque de Lyon et primat des Gaules.

Bernard Preynat, lui, a fait l’objet d’un procès ecclésiastique et a été démis de l’état clérical au cours de l’été dernier. Selon La Croix, son procès devrait s’ouvrir le 13 janvier devant le tribunal correctionnel de Lyon. Il risque 10 ans de prison.

29 novembre 2019, 17:26