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Les évêques du Nicaragua, le 22 janvier 2019 Les évêques du Nicaragua, le 22 janvier 2019 

Pour l’Avent, les évêques nicaraguayens invitent à ne pas perdre espoir

Depuis avril 2018, le Nicaragua traverse une grave crise politique, et la répression par le pouvoir a été sanglante. Les évêques du pays prennent la plume pour inviter la population à ne pas perdre l’espérance et à vivre le défi chrétien «d’être heureux dans la souffrance».

Le message diffusé par la Cen, la conférence épiscopale nicaraguayenne, à l’occasion de l’Avent, se fait porteur d’espérance alors que la crise politique se poursuit, que les manifestations sont interdites, et que la situation sociale s'aggrave. «Nous vous invitons à ne pas perdre espoir», écrivent les évêques aux fidèles. «Rappelons-nous que la caractéristique de l'Avent est d'être imprégné d'une forme particulière d'espérance, la vertu qui soutient l'âme, qui console l'être humain, qui transforme et renouvelle les réalités humaines, construisant le Royaume de Dieu, Royaume de justice et de paix, en faveur d'un peuple qui a cheminé dans l'incertitude.».

La joie, signe des chrétiens

Les évêques invitent également les chrétiens à ne pas perdre la joie. À l'instar de Marie, «disciple fidèle et missionnaire», les prélats exhortent à «expérimenter la joie» bien que cela représente «un défi pour le peuple qui vit dans une société nicaraguayenne, déchirée par de profondes divisions et fractures».

Bien sûr, «personne n'est à l'abri des épreuves et des difficultés, soulignent les évêques, mais le croyant sait bien comment reprendre le dynamisme de la joie qui vient de Dieu».«Être joyeux dans la souffrance, conclut le message, est le témoignage par excellence du chrétien authentique, un signe visible que nous sommes avec Dieu et Lui avec nous.»

Plus de 325 personnes tuées dans les répressions 

Le pays, dirigé depuis 2006 par l'ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega, traverse une grave crise politique depuis avril 2018. À l'origine, la contestation se focalisait sur une réforme de la sécurité sociale, mais les revendications des manifestants ont évolué, réclamant le départ du président accusé d'avoir instauré une dictature népotiste et corrompue, mais également des élections anticipées.

La répression a été sanglante. Plus de 325 personnes ont été tuées, près de 70.000 se sont exilées, des centaines d'opposants ont été emprisonnés et le pays est plongé dans une profonde récession économique.

Grève de la faim dans la cathédrale de Managua

Lundi 18 novembre, neuf opposants, dont sept femmes, avaient entamé une grève de la faim dans la cathédrale de Managua pour réclamer la libération de plus de 130 opposants. Des partisans du président Daniel Ortega avaient rapidement encerclé la cathédrale et plusieurs d'entre eux étaient entrés dans l'édifice pour tenter d'en déloger les grévistes de la faim, frappant au passage deux religieux, selon l'opposition.

Le Saint-Siège appelle au dialogue

En septembre dernier, le Saint-Siège avait demandé un dialogue et des élections au Nicaragua: la demande émanait de l'Observateur permanent auprès des Nations unies à Genève, Mgr Ivan Jurkovic, qui s'est exprimé lors de la 42ème session du Conseil des droits de l'homme sur la situation dramatique dans le pays. «Les différends doivent être réglés le plus rapidement possible, dans le respect des droits fondamentaux de l'homme, et des principes consacrés par la Constitution du pays», en menant «dès que possible les réformes électorales pour la tenue d'élections libres et transparentes en présence d'observateurs» et en s'assurant que «les différents acteurs politiques et sociaux, dans un esprit de responsabilité et de réconciliation, trouvent ensemble une solution qui respecte la vérité, rétablisse la justice et favorise le bien commun».

30 novembre 2019, 12:37