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Des milliers de catholiques ont participé à une marche silencieuse et non-violente à Port-au-Prince, le 22 octobre 2019 Des milliers de catholiques ont participé à une marche silencieuse et non-violente à Port-au-Prince, le 22 octobre 2019  (AFP or licensors)

Haïti: des milliers de catholiques manifestent pacifiquement à Port-au-Prince

L’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Max Leroy Mésidor, s’est exprimé hier à propos de la grave situation que traverse Haïti, où des manifestants réclament depuis six semaines le départ du chef de l’État, Jovenel Moïse. Ce 22 octobre, les catholiques sont descendus en masse dans les rues de la capitale.

Mgr Max Leroy Mésidor a prononcé son homélie dans une cathédrale de Port-au-Prince bondée ce 22 octobre, en la mémoire liturgique du saint Pape Jean-Paul II. L’archevêque de Port-au-Prince a d’ailleurs réaffirmé que «quelque chose doit changer dans ce pays», citant les paroles du Souverain Pontife polonais lors de son voyage apostolique sur l’île il y a 36 ans. «Face à cette situation dangereuse, j’invite le chef de l’État, le parlement, la classe politique et tous ceux qui veulent aider Haïti, à écouter la voix de la sagesse» a ajouté Mgr Leroy Mésidor devant des centaines de fidèles qui, peu auparavant, avaient participé à une marche dans les artères de la capitale.

Le départ du président réclamé

L’archevêque a insisté sur l’implication de l’Église auprès du peuple haïtien dans cette période de troubles. L'Église catholique haïtienne soutenait ainsi la marche de ce 22 octobre qui a rassemblé des milliers de catholiques à Port-au-Prince, pour un défilé silencieux et non-violent contre le gouvernement du pays. 

«Trop de personnes meurent dans le pays et la justice de Dieu se réalisera de toutes les manières», a également affirmé Mgr Leroy Mésidor, reconnaissant avoir pleuré en regardant la liste des personnes tuées au cours des manifestations. Il a enfin demandé aux responsables haïtiens d’écouter la misère et les cris d’angoisse du peuple. Dans l’assemblée, rapporte l’agence Fides, beaucoup de personnes criaient : «Jovenel [Moise] doit partir !», et encore «Trop de sang a été versé, Jovenel [Moise] doit partir !».

La situation dans la capitale haïtienne est toujours plus tendue, et les manifestations contre le chef de l’État et le gouvernement actuel se poursuivent. Depuis un mois, les universités et écoles sont fermées. Le président Jvenel Moïse, en poste depuis 2017 et pour un mandat de cinq ans, a toutefois réaffirmé qu’il ne comptait pas démissionner de ses fonctions.

Bien que le problème de la fourniture de combustible ait été résolu, alors qu’il avait déclenché les premières protestations populaires, les Haïtiens continuent à manifester contre la corruption, le manque de services publics et le coût de la vie. Les ONG et les organismes catholiques peinent à assurer leur mission à cause des violences. Le siège de certains d’entre eux a même été saccagé.

(Avec Fides)

23 octobre 2019, 16:28