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Le père Jhony Ramos, retrouvé mort le 2 octobre. Le père Jhony Ramos, retrouvé mort le 2 octobre.  

Assassinat d’un prêtre colombien

Le père Jhony Ramos a été retrouvé mort le 2 octobre, dans son presbytère de Cauca, une région de Colombie encore sujette à de forts contentieux entre les différentes organisations militaires et militantes. C’est le deuxième prêtre assassiné en Colombie cette année. Une enquête est en cours et privilégie la piste du vol.

Cécile Mérieux – Cité du Vatican

Le prêtre, âgé de 53 ans, a été retrouvé mort, pieds et poings liés, à l’intérieur du presbytère. «Les premiers signes montrent que le prêtre a été étouffé et frappé à la tête à l’aide d’un corps contondant» a indiqué à la presse un membre des forces de l’ordre responsable de l’enquête. Les enquêteurs attendent les résultats de l’autopsie pour en savoir plus.  

Paroisse endeuillée

La police présume qu’il s’agit d’un vol ayant tourné au crime. Depuis peu, le prêtre organisait une loterie au sein de sa paroisse. Curé de la paroisse de Jésus de la Miséricorde dans le quartier de Comuneros de Villavicencio depuis seulement quatre mois, il était déjà bien apprécié de l’ensemble des fidèles. Nous prions pour la conversion de ses assassins et nous rejetons toutes les formes de violence qui menacent la vie et la dignité des personnes» a déclaré Mgr Oscar Urbina Ortega, archevêque de Villavicencio. 

Le Père Ramos est le deuxième prêtre colombien tué cette année. Déjà le 18 février dernier, le prêtre Carlos Ernesto Jaramillo, 65 ans, avait été tué au dans le quartier Tierra Buena de Patio Bonito, dans la localité de Kennedy, au sud de la capitale Bogota.

L’Eglise dans le conflit

Bien que la violence ait diminué depuis l'accord de paix avec la guerilla des FARC, (forces armées révolutionnaires de Colombie) signé en novemebre 2016, la région du Cauca reste sensible. Le territoire est disputé entre l’armée, les paramilitaires et les anciens guérilleros. Après la démobilisation des FARC, des bandes armées anciennes et nouvelles tentent de reconquérir la zone. Ils cherchent à contrôler les précieux champs de coca et prendre possession de terrains propices à la culture de cette plante. 

L’Eglise colombienne s’est toujours mobilisée pour la paix et le développement de la région, sollicitant fortement l’action de l’Etat. Réciproquement, le pouvoir civil s’appuie sur le soutien de l’Eglise. Ce fut le cas notamment suite aux affrontements violents survenus le 3 avril dernier dans le Cauca, aux cours desquels un manifestant a trouvé la mort et six autres ont été grièvement blessés.

Le Maire de Pasto, Pedro Vicente Obando, a demandé à rencontrer le Président de la Conférence épiscopale, Mgr Oscar Urbina, afin de lui demander formellement la médiation de l’Eglise dans la recherche d’un dialogue entre les communautés indigènes du Cauca et le Président Duque. Le 15 mars, l’Eglise, par l’intermédiaire de l’Evêque de Popayán et des Vicaires apostoliques de Guapi et Tierradentro, les juridictions ecclésiastiques se trouvant sur le territoire du Cauca, avaient insisté sur la demande visant à «progresser dans la construction d’un peuple réconcilié et pacifique».  (Avec Fides)

04 octobre 2019, 14:57