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Le cardinal Peter Erdö, primat de Hongrie. Le cardinal Peter Erdö, primat de Hongrie. 

30 ans après le communisme: l’Église, actrice de paix en Europe centrale

Une convention s’est tenue cette semaine à Budapest, en Hongrie, sur le thème "La situation économique, sociale et spirituelle des pays d'Europe centrale à la lumière de la doctrine sociale de l'Église". La rencontre était organisée par la Fondation Joseph Ratzinger - Benoît XVI, en collaboration avec l'Université catholique hongroise "Pázmány Péter".

Benedetta Capelli - Cité du Vatican

Un événement de deux jours pour commémorer le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin et pour faire le point sur les changements qui ont eu lieu en Europe centrale, y compris dans l'Église: ce neuvième symposium international d'étude promu par la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI, en collaboration avec l'Université catholique hongroise "Pázmány Péter", s'est conclu hier à Budapest.

L'effondrement du régime communiste

Dans son discours. le cardinal Péter Erdő, Primat de Hongrie, a souligné le chemin accompli par l'Église depuis l'effondrement de l'idéologie communiste. Une histoire entrelacée avec les changements de la société, avec la transition pacifique marquée aussi par quelques contradictions.

Le cardinal a rappelé en effet que le changement était également caractérisé par l'augmentation de l’économie souterraine, du trafic de drogue et de la pénétration de la criminalité internationale dans ces pays. En Hongrie, le problème du trafic d'organes et de personnes a également été signalé. Tout cela a été généré par le «manque initial de légitimité de la propriété privée» et par le fait que la richesse ne provenait pas du travail mais de «la spéculation et des affaires sales». Mais dans cette obscurité, l'Église a été considérée, a expliqué le cardinal Erdő, comme un des «facteurs capables de transmettre des valeurs à la société et d'organiser la vie communautaire».

L'Église plus libre

Selon le cardinal, le changement politique a eu une répercussion immédiate sur la vie de l'Église avec l'élaboration de textes législatifs relatifs à la liberté religieuse. «En Hongrie, a-t-il expliqué, la nouveauté essentielle de cette loi est que les communautés religieuses et les Églises n'ont plus besoin d'autorisation pour fonctionner, mais ont le droit de mener leurs activités sans aucune autorisation de l'État». Il est donc possible de gérer des écoles, des hospices, des hôpitaux et d'autres établissements qualifiés d'utilité publique.

Pour le cardinal, la critique des médias à l'encontre de la prétendue collaboration de certains ecclésiastiques avec les organes d'État de l'ère communiste était exagérée. «Il fallait résister spirituellement à la pression de l'anticléricalisme ou de l'hostilité contre l'Église», a-t-il expliqué.

La vocation à la paix

«En Europe centrale, l'histoire a été pleine de conflits nationaux, d'injustices et de souvenirs amers. C'est précisément pour cette raison que l'Église catholique ressent la vocation d'œuvrer pour la réconciliation des peuples»: ainsi le Primat de Hongrie a rappelé les relations d'amitié et de collaboration qui se sont ouvertes, par exemple, avec les communautés protestantes et avec la communauté juive, élevant ensemble leur voix dans les affaires d'antisémitisme et de racisme. «La transition pacifique du système communiste au système capitaliste a offert plus de liberté à l'Église, mais en même temps, elle a aussi impliqué de nouveaux engagements institutionnels. Elle nous a offert de plus grandes possibilités pour promouvoir la réconciliation et la paix dans notre pays et dans notre région», a expliqué l’archevêque de la capitale hongroise.

Construire des ponts

Le Père Federico Lombardi, Président de la Fondation Vatican Joseph Ratzinger - Benoît XVI, a rappelé dans son discours la «révolution du velours» qui a eu lieu presque sans effusion de sang et avec le renversement du régime communiste tchécoslovaque. Un moment, joint à celui de la chute du mur de Berlin, où l'espoir d'une «nouvelle ère de liberté et de construction de la paix» se nourrit. Dans son discours, le père Lombardi a passé en revue les déclarations des derniers papes ; de Jean-Paul II qui exprimait le désir que l'Europe respire à nouveau avec «deux poumons», occidental et oriental, à Benoît XVI qui parlait de la chute du mur de Berlin comme d'un «tournant de l'histoire mondiale».

Enfin, actuellement, François espère la diffusion d'une culture de la rencontre capable de faire tomber les murs. «Là où il y a un mur, il y a une fermeture du cœur. Nous avons besoin de ponts, pas de murs», dit le Pape. Le père Lombardi a expliqué que «les débats et les tensions que nous trouvons aujourd'hui dans notre continent sur les thèmes du soi-disant populisme et de la souveraineté ne nous ont pas découragés ou effrayés. Au contraire, ils nous ont fait penser qu'il était particulièrement utile et urgent d'essayer de traiter notre thème avec profondeur et objectivité scientifique, échappant aux pièges des polémiques et slogans superficiels, nous inspirant une vision chrétienne et une sensibilité pour un bien commun supérieur».

10 octobre 2019, 17:34