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Le cardinal Marx lors d'une rencontre avec le Pape François, en mai 2019. Le cardinal Marx lors d'une rencontre avec le Pape François, en mai 2019.  (ANSA)

Synode allemand: le dialogue constructif du cardinal Marx avec le Pape

L’Église catholique en Allemagne se prépare à vivre un Synode sur deux années, qui commencera le premier dimanche de l’Avent. Cette assemblée qui suscite des interrogations sur la communion entre Rome et les évêques d’Allemagne a amené le cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, à rencontrer le Pape François cette semaine, ainsi que le cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques.

Alessandro de Carolis – Cité du Vatican

Les épines et la volonté de renaissance à travers un parcours synodal: les épines qui déchirent la vie de l’Église en Allemagne sont au fond communes à de nombreuses autres réalités ecclésiales. De l’abus sexuel de la part du clergé à la réflexion sur leur style de vie, des difficultés diffuses pour accepter les principes de la morale sexuelle au problème d’une communauté qui vieillit et craint pour le renouvellement générationnel… Ces questions ont amené le cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, à rencontrer le Pape François. Le cardinal Marx, qui est aussi membre du C6 et président du Conseil pour l’Économie, était cette semaine à Rome.

Sur la ligne de François

À Rome, le cardinal a eu des entretiens aussi avec le préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet. Au terme de ces différentes rencontres, un communiqué de presse de la Conférence épiscopale allemande a mis l’accent sur les fruits de ce «dialogue constructif», dont les résultats feront partie des travaux synodaux. Mais le cardinal Marx a aussi remis à François une lettre de la Conférence conjointe élargie, l’organisme qui unit à l’épiscopat allemand les membres du Comité central des catholiques allemands, le Zdk (Zentral komitee der deutschen Katholiken).  Il s’agit d’une lettre co-signée par les responsables de ces deux institutions, le cardinal Marx et le professeur Thomas Sternberg, dans laquelle il est fait explicitement référence à la lettre que le Pape François avait envoyé le 29 juin dernier au «peuple de Dieu pèlerin en Allemagne».

La communion, et non l’isolement

Dans la lettre, le Pape encourage entre autre l’Église en Allemagne à entreprendre un chemin de renaissance dans le signe de la communion. «Chaque fois qu’une communauté ecclésiale a cherché à sortir de ses problèmes toute seule, en se confiant seulement à ses propres forces, à ses propres méthodes et à sa propre intelligence, elle a fini par multiplier et alimenter les maux qu’elle voulait surmonter», avertissait alors l’évêque de Rome. Sans donner de solutions aux problèmes particuliers, François invitait à alimenter un “Sensus Ecclesiae” vivant, parce que «le chemin entrepris ne doit pas finir isolé dans la particularité».

Le primat de l’Évangile

La lettre remise par le cardinal Marx au Pape François confirme cette volonté. «Comme vous, nous aussi nous nous rendons compte que nous devons initier tout notre chemin à partir du primat de l’évangélisation, écrit-il. Nous sommes déterminés à structurer le chemin synodal comme un processus spirituel. Nous sommes unis à vous dans le sens ecclésial, parce que nous avons bien présente à l’esprit l’unité de toute l’Église, et aussi la situation locale, et parce que pour nous la participation de l’entier peuple de Dieu est un aspect très important.»

Les solutions se cherchent ensemble

En énonçant les titres des thèmes au centre du Synode (“Le pouvoir et le partage des pouvoirs dans l’Église – participer et prendre part ensemble au devoir missionnaire” ; “L’existence sacerdotale, aujourd’hui” ; “Les femmes dans les services et dans les charges d’Église” ; “La vie et les relations réussies- vivre l’amour dans la sexualité et dans le couple”), les signataires de la lettre concluent : «Nous sommes arrivés à la conclusion que nous devons affronter ces questions si nous voulons tirer des enseignements de l’abus de pouvoir spirituel qui secoue profondément notre Église et toute la société, et si nous voulons améliorer les présupposés pour nous évangéliser avant tout nous-mêmes, afin de pouvoir rendre témoignage de manière crédible de la Bonne Nouvelle dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons besoin de l’atmosphère d’un dialogue ouvert et respectueux pour chercher ensemble des solutions.»

21 septembre 2019, 11:59