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Des policiers détruisante des plants de coca à Tumaco, au Sud-Ouest de la Colombie. Des policiers détruisante des plants de coca à Tumaco, au Sud-Ouest de la Colombie.   (AFP or licensors)

En Colombie, la difficile lutte contre le narcotrafic

Le narcotrafic et la violence ne faiblissent pas en Colombie, en particulier sur sa façade maritime. C'est le constat de l'évêque de Tumaco, ville située sur la côte pacifique, l'une des plus pauvres et isolées du pays.

Olivier Bonnel et Griselda Mutual-Cité du Vatican

«La lutte contre le trafic de drogue n'est pas seulement celle de la Colombie, c'est aussi celle des consommateurs» explique Mgr Orlando Olave Villanoba, l'évêque de Tumaco, ville située au Sud-Ouest du Pays sur la côte pacifique. Tumaco, et plus globalement la façade maritime colombienne, loins des centres de décision sont particulièrement marquées par le narcotrafic. 

«Malheureusement, nous avons l'une des régions du pays et du monde où les activités de culture, de transformation et de sortie du trafic de drogue sont les plus élevées, déplore l'évêque. C’est une région historiquement marquée par la négligence, la marginalisation».

Selon Mgr Villanoba, certaines municipalités de son diocèse «n’ont accès à rien», par conséquent cette réalité d'abandon et de marginalisation a poussé les gens à emprunter une mauvaise voie pour se lancer dans les cultures illicites. 

Une région isolée

Pour autant, poursuit l'évêque de Tacumo, «la culture des feuilles de coca n'enrichit pas les habitants mais les laisse au contraire de plus en plus pauvres et embourbés dans la violence croissante que connaît le pays».  La violence endémique dans cette région de la Colombie est une conséquence de cette situation de marginalisation, de pauvreté, de manque d’opportunités . 

L'évêque de Tacumo revient aussi sur les caractéristiques gégographiques particulières de cette région du bord de l'Océen Pacifique, avec notamment «des marées de quatre mètres de haut» qui rentrent dans la mangrove et bouleversent les écosystèmes. A cela s'ajoute une lenteur des pouvoirs publics visà vis de cette région isolée, malgré les efforts des gouvernements successifs. 

Face à cette cruelle réalité, l'Eglise colombienne continue d'élever la voix pour sensibiliser aux problématiques de développement et d'éducation, essentielles dans ces régions les plus touchées par le narcotrafic. Le diocèse de Temuco travaillle main dans la main avec des organisations non gouvernementales et des organisations confessionnelles pour former des leaders dans la défense des droits humains et développer des projets d'insertion des jeunes.

Un processus de paix fragile

Mgr Villanoba rappelle aussi que le narcotrafic en Colombie est intimement lié à la situation sécuritaire du pays. Et même si le conflit s'est achevé avec les FARC, la situation n'est pas résolue partout. «Le processus de paix a été mené à bien, ce qui a d'abord suscité beaucoup d'attentes et de désirs pour sortir de cette situation, mais malheureusement, à cause de cette même réalité structurelle de violence et de pauvreté, il n'a pas été possible pour tous de désarmer et certains ont repris les armes,  d'autres groupes ont été armés derrière ce terrible trafic de drogue» déplore ainsi l'évêque.

La Colombie est toujours le premier pays au monde dans la production de coca: entre 2016 et 2017, le pays a atteint un record mondial de superficie plantée d'arbustes de coca: 171.000 hectares selon les chiffres des Nations-Unies. 

06 juillet 2019, 13:11