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Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui. Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui. 

Le cardinal Nzapalainga rappelle les rebelles à leurs responsabilités

Après le massacre de civils dans le nord-ouest de la Centrafrique par des membres d’un groupe rebelle, les inquiétudes sur la survie de l’accord de paix du 6 février ont ressurgi. Le cardinal Nzapalainga, très engagé en faveur de la paix, appelle chacun à ses responsabilités et demande que les FACA soient vraiment aidées.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Même présent à Rome pour la 21e assemblée générale de Caritas Internationalis, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, suit avec attention les événements dans son pays, la République centrafricaine. Mardi 21 mai, plus de cinquante civils ont été tués par des membres du groupe 3R, qui contrôle tout un pan du pays.
Sommé par la Minusca, la mission des Nations unies en Centrafrique, et par le gouvernement centrafricain de livrer les responsables, le groupe rebelle a remis à la justice vendredi trois hommes accusés d’être responsables du massacre.

Cela n’a pas empêché le gouvernement de dépêcher une mission conjointe avec l’Union africaine et la Minusca dans la zone de Paoua, près de la frontière avec le Tchad pour s’assurer que le mouvement 3R démantèle bien ses bases et les barrières dressées le long des routes et des pistes.
Ces derniers montrent à quel point l’accord de paix du 6 février dernier, signé entre le gouvernement et 14 groupes rebelle, est fragile et combien les autorités légitimes ont du mal à instaurer leur pouvoir sur l’ensemble du pays.

Poursuivre le dialogue

Le cardinal Nzapalainga, au-delà de la prière pour les victimes et leurs familles, condamne «ces actes barbares qui ne traduisent pas l’expression du peuple centrafricain qui aspire à la paix». Pour l’archevêque de Bangui, les auteurs du massacre «doivent répondre de leurs actes devant la justice». Il faut aussi que les chefs des groupes rebelles assument leurs responsabilités et respectent les engagements pris dans l’accord du 6 févier, comme la levée des barrages et des barrières.

Plus largement, la communauté internationale et le gouvernement central doivent soutenir le pays qui «est encore fragile» afin que «les pauvres soient protégés dans leur dignité», assène le cardinal. Il faut aussi poursuivre le dialogue malgré les difficultés. «On n’a pas d’autres alternatives. La paix doit se faire avec nos ennemis, sinon on sera enchainés dans la haine».

Aider les FACA

Mais le soutien que réclame le cardinal Nzapalainga n’est pas synonyme de davantage de moyens en faveur des casques bleus. Au contraire estime-t-il. Il faut que l’ONU et les États partenaires «aident plutôt l’armée centrafricaine», les FACA (forces armées centrafricaines). «Il faut compter sur nos propres forces» affirme l’archevêque de la capitale. «Nous avons des hommes et des femmes qui veulent bien s’engager pour protéger le pays : aidons-les, formons-les, donnons-leurs les moyens». Un appel clair au gouvernement et à l’ONU pour que les Centrafricains redeviennent protagonistes de leur avenir.
 

Entretien avec le cardinal Nzapalainga

 

27 mai 2019, 09:50