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La bienheureuse Maria de la Concepcion Cabrera. La bienheureuse Maria de la Concepcion Cabrera. 

Mexique: la bienheureuse Conchita, chef d’œuvre de Dieu

Lors de l’audience générale de ce mercredi 8 mai, le Pape a rendu hommage à la bienheureuse Maria de la Concepcion Cabrera (1862-1937), dite Conchita.

«Samedi dernier, à Mexico, a été proclamée bienheureuse Maria de la Concepcion Cabrera, mère de famille, qui a témoigné de la valeur salvifique de la Croix du Christ, en inspirant la fondation de différentes institutions religieuses et laïques. Rendons grâce à Dieu pour ce courageux témoignage! », a lancé le Pape ce matin en faisant applaudir la bienheureuse mexicaine par la foule rassemblée sur la Place Saint-Pierre.

Cette laïque, mère de neuf enfants, avait vécu dans un contexte préconciliaire a priori peu ouvert aux initiatives des laïcs. Mais l’œuvre de cette femme fut un signe que «l’Esprit Saint a toujours travaillé dans l’Église pour exalter aussi des femmes laïques, afin qu’elles puissent être des sources de grâces pour tout le Peuple de Dieu», a déclaré le cardinal Becciu, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui a présidé la messe de béatification.

Attachée à recevoir Jésus dans l’eucharistie, elle mènera de front sa vie familiale avec une intense recherche de Dieu. Dans les joies mais aussi les épreuves de la vie, avec son veuvage précoce et la perte d’un enfant, elle prend sur elle ces croix avec courage et les offre, l’une après l’autre, au Seigneur pour l’Église et pour la rédemption des pécheurs. Elle sait que «la souffrance dans les mains de Dieu donne toujours de bons fruits».

L’appel au salut des âmes

Un jour de 1889, alors qu’elle participe à un cours d’exercices spirituels, elle entend cette parole : «Ta mission, c’est de sauver des âmes». Jésus l’appelle à incarner sa Parole renouvelée et à la diffuser à l’Église et au monde : une parole qui est un exemple de sainteté accessible à tous, jusqu’à une maman avec peu d’instruction et beaucoup d’enfants. À partir de là, sa vie devra être de Dieu, avec Dieu et pour Dieu, une vie cachée qui ne cherche pas à briller sur la terre, mais seulement dans le ciel, comme le font les étoiles. «Ceci est le point focal de son mysticisme : apporter Jésus à tous et donner la vie pour le salut des âmes dans l’Église.»

Mère de tous les prêtres

Ce sont les années dans lesquelles Conchita consolide les fondements de sa propre vie spirituelle et comprend ce que veut vraiment le Seigneur : imiter Marie. «Conchita s’identifie avec la Vierge Marie aux pieds de la croix, avec sa souffrance qu’elle offre au Seigneur pour la sanctification des prêtres». Conchita comprend que c’est à partir de là, des péchés des prêtres, que nait tout mal, et elle se fait ainsi la mère de tous les prêtres, en priant et en souffrant. Dans les gestes des prêtres, Conchita revoit Jésus, parce qu’elle s’identifie avec Marie, sa mère : une maternité spirituelle qui se concrétise dans l’ardent désir de donner à l’Église et à Jésus des prêtres saints.

Une mystique qui écrit et prie

Le mystique est celui qui se laisse mettre en mouvement par l’Esprit Saint et vit en constante communion avec ses dons. Conchita était aussi cela, et les 60 000 pages de réflexion qu’elle a laissé en témoignent. Elle écrivait la nuit, sans que ses enfants ne le remarquent. De ses écrits sont nées les cinq Œuvres de la Croix, qui existent encore au Mexique : l’Apostolat de la Croix (1895), la Congrégation des Sœurs de la Croix du Sacré-Cœur de Jésus (1897), l’Alliance d’amour avec le Cœur de Jésus (1909), la Fraternité du Christ prêtre (1912), et la Congrégation des Missionnaires de l’Esprit Saint (1914), instituée avec le vénérable Félix de Jésus Rouger, un missionnaire français.

08 mai 2019, 18:22