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Une église normande en France. Une église normande en France.  (ANSA)

Après plusieurs vols, Mgr Wintzer invite à sécuriser les églises

Les vols et en particulier les actes de profanations se multiplient dans les églises de France, «infligeant une réelle violence aux croyants». L’évêque de Poitiers sort du silence pour demander que les tabernacles et les sacristies soient mieux protégés. Il souhaite cependant que les églises restent ouvertes, pour ne pas « effacer la présence chrétienne dans la société.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Un chandelier en bronze, un cierge et une croix en métal doré ont été dérobés le week-end dernier, le 11 mai, en l’Eglise Saint-Germain-des-Prés à Paris. Sur l’ensemble du territoire, de la capitale à la Côte d’Azur, les actes de vols et de destructions se sont multipliés dans les églises.

Les larcins étaient autrefois isolés. Ils ne semblent plus l’être.

En 2018, le service central de renseignements criminels de la gendarmerie avait comptabilisé 877 dégradations et 129 viols dans les églises de France. Une moyenne de 3 actes de vandalisme par jour.

Un exemple dans le département de la Vienne. Depuis le mois de février, la fréquence des délits s’est accélérée. L’évêque du diocèse de Poitiers a ainsi enregistré une dizaine de vols et de tentatives de vols de calices et ciboires dans les églises de son diocèse.

A chaque infraction, voire profanation, une plainte est déposée. La police ou les gendarmes enquêtent. Pour l’instant, sans succès dans les cas des églises de Brion ou d’Argenton, victimes de vols début mai. Les agresseurs ne laissent aucune inscription anti-chrétienne, aucune revendication. Il est possible qu’ils agissent pour se procurer du métal ou dans l’espoir de revendre ces objets à des antiquaires. Ils sont pourtant peu rentables, affirme Mgr Pascal Wintzer. «Les ciboires volés sont des objets en métal argenté datant du XIXème ou XXème siècle, sans grande valeur».  

Mais «le plus grave pour nous», souligne l’évêque de Poitiers dans un message daté du 8 mai, «est le fait qu’on fracture le tabernacle et que les hosties soient jetées à terre». Un geste «intolérable» dans une société démocratique «qui prône en permanence le respect et dont les lois protègent les convictions des populations».

L’évêque de Poitiers se fait notamment la voix des paroissiens et de leurs prêtres qui se sentent profondément blessés par ces profanations qui touchent l’essence même de leur foi.

Dans son message, Mgr Wintzer souhaite que les tabernacles et les sacristies soient «sécuriser autant que possible». Et s’il appelle « les propriétaires » -l’État dans les cas des lieux de culte antérieur à 1905- à leur responsabilité, il invite également les chrétiens à rappeler ce qui pour eux est sacré – l’Eucharistie et la vie humaine- dans un monde éloigné de la foi ou des traditions chrétiennes.

En dépit de ces vols, il espère que les églises resteront ouvertes, «les fermer serait donner raison à ceux qui, d’une manière ou d’une autre par cette violence, veulent effacer la présence chrétienne de la société».

Entretien avec Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers
16 mai 2019, 16:20