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Un prêtre marque de cendres le front d'une fidèle catholique, à Secunderabad (Inde), le 6 mars 2019 Un prêtre marque de cendres le front d'une fidèle catholique, à Secunderabad (Inde), le 6 mars 2019   (AFP or licensors)

Le Carême, un itinéraire de conversion vers la lumière de Pâques

Mercredi des Cendres, porte d’entrée du Carême. Un jour de pénitence et d’appel à la conversion, comme un germe de ce temps de Carême qui, en quarante jours, conduira le peuple de Dieu jusqu’à la fête de Pâques. Focus sur ce temps liturgique à l’apparence austère, mais porteur de vie pour qui regarde vers le Ressuscité.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Lors de la messe du Mercredi des Cendres, le prêtre marque le front de chaque fidèle d’un peu de cendres, signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu. Un geste pénitentiel qui indique aussi la signification du Carême, chemin de conversion ouvert sur l’horizon du salut. 

Quarante jours pour revenir à Dieu

Le Carême rappelle les quarante jours que Jésus a passés au désert (Mt 4, 1-12). Pendant cette période, les catholiques sont appelés à pratiquer la pénitence, de trois manières. «La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres» (Catéchisme de l’Église catholique, 1434).  La pénitence est un moyen de parvenir à la conversion, fruit de l’effort humain et œuvre de la grâce Dieu. «La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce» (ib. 1431).

Mais pas de pénitence - ni de Carême - sans une direction qui donne à chacun de nos gestes, de nos pensées et de nos paroles, mues par le moteur de l’espérance, une signification “extraordinaire”, un ancrage dans le Ciel. «La pénitence ne se comprend qu’en fonction du salut, le Carême ne se comprend qu’en fonction de Pâques», rappelle ainsi le père Gilles Drouin, prêtre du diocèse d’Évry et directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie à l’Institut Catholique de Paris.

Quarante jours pour contribuer au salut du monde

Le père Gilles Drouin insiste sur la Rédemption, mystère essentiel du christianisme, acte par lequel Jésus «rachète» les hommes esclaves de leur péché en le payant de sa vie. Le Carême invite chaque croyant à contribuer à la Rédemption, comme l’explique le Pape François dans son message publié le 26 février dernier. Si la «dimension personnelle et morale est importante», d’après le père Drouin, la «puissance de Résurrection du Christ est beaucoup plus large que notre petit cœur humain». C’est donc «tout le cosmos qui est emporté dans un mouvement de Rédemption». Entraînant vers la Vie, le Carême est alors un temps pour «retrouver le désir de vivre à plein» ainsi que «la fraîcheur de la source baptismale embourbée en nous». Rien d’asséchant dans cette fertile traversée du désert, à l’issue de laquelle on témoignera avec saint Paul: «ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur» (Rm 8,38-39).

Entretien avec le père Gilles Drouin
06 mars 2019, 08:18