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Un enfant devant un camp de réfugiés Rohingyas, Ukhia (Bangladesh), le 4 février 2019 Un enfant devant un camp de réfugiés Rohingyas, Ukhia (Bangladesh), le 4 février 2019   (AFP or licensors)

Les évêques d’Asie solidaires des réfugiés Rohingyas

Une délégation de représentants de l’Église catholique en Asie a rendu visite à des réfugiés Rohingyas dans des camps du Bangladesh. Deux prélats témoignent, notant les efforts déployés pour accueillir ces réfugiés, mais inquiets de la précarité de la situation.

Adélaïde Patrignani (avec Fides) – Cité du Vatican

«Il est urgent que la communauté internationale s’engage afin de trouver une solution diplomatique à la crise des réfugiés Rohingyas ayant fui le Myanmar et se trouvant désormais au Bangladesh». La demande vient de la Fédération des Conférences épiscopales asiatiques (FABC), après une visite marquante réalisée il y a quelques jours au Bangladesh. Quarante représentants de l’Église catholique de 11 pays d’Asie se sont rendus dans la localité de Cox's Bazar, au sein du district de Chattogram, à la frontière entre le Bangladesh et la Birmanie. Une région où se concentrent de vastes camps de réfugiés Rohingyas ayant fui leur terre d’origine, la Birmanie.

Cette visite était prévue dans le cadre d’une conférence internationale, organisée du 11 au 17 février dernier autour de deux principaux thèmes - la question des réfugiés et celle des énergies renouvelables dans le contexte asiatique -, à l’initiative du Bureau pour le Développement humain de la FABC, en collaboration avec la Commission épiscopale Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Bangladesh (CBCB) et le Réseau Justice et Paix en Asie-Pacifique.

Des signes de générosité encourageants

 «La communauté internationale est appelée à s’unir en une seule voix pour aider les réfugiés Rohingyas et trouver une solution à cette crise», a demandé l’évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Bombay, Mgr Allwyn D'Silva, à l’issue de cette visite.

«En union spirituelle avec le Pape François qui a rencontré le 1er décembre 2017 seize représentants de la communauté Rohingya, nous aussi avons été profondément émus par leurs récits et avons rappelé ce qu’avait déclaré le Souverain Pontife: ‘Ne fermons pas nos cœurs. Ne regardons pas ailleurs’. La présence de Dieu, aujourd’hui, s’appelle aussi Rohingya», a témoigné Mgr D'Silva.

«Au cours de cette visite, a-t-il continué, nous avons reconnu l’attitude accueillante du peuple et du gouvernement du Bangladesh qui a ouvert ses portes et son cœur aux Rohingyas. Nous apprécions la mise en place de coopérations avec de nombreuses personnes de bonne volonté pour répondre aux besoins immédiats des évacués Rohingyas. Nous apprécions également l’assistance généreuse et professionnelle fournie aux Rohingyas par l’Église catholique au Bangladesh au travers de la Caritas, avec le soutien du Réseau international de la Caritas et d’autres organisations religieuses, agences des Nations unies et ONG».  

Des personnes vulnérables

Mais Mgr D’Silva se montre aussi inquiet face aux difficultés rencontrées par les différentes parties. «Nous nous rendons compte des problèmes et obstacles représentés par l’installation temporaire fournie aux évacués Rohingyas ainsi que les défis lancés aux autorités en ce qui concerne la fourniture d’une réponse rapide et efficace aux besoins humanitaires, aux vues du caractère massif de l’afflux des personnes. Nous sommes particulièrement préoccupés par la vulnérabilité de nombreuses femmes et de nombreux enfants et nous comprenons les nombreuses difficultés des communautés d’accueil» a-t-il déclaré.

Le Père Charles Irudayam, un délégué indien ayant participé à la visite, attend des gestes concrets de la part de la communauté internationale. «Nous ne pouvons pas ne pas exprimer une profonde solidarité aux réfugiés Rohingyas. La communauté internationale doit agir de manière unitaire pour les aider», explique-t-il.

Minorité musulmane au sein d’un pays très largement bouddhiste, les Rohingyas sont plus de 740 000 à avoir fui la Birmanie depuis 2017, suite aux violences subies dans l’État birman de Rakhine, où ils résidaient, au cours des années 2016 et 2017.

18 février 2019, 17:29