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Le cardinal Barbarin, lundi 7 janvier à l'ouverture de son procès Le cardinal Barbarin, lundi 7 janvier à l'ouverture de son procès  (AFP or licensors)

Procès du cardinal Barbarin: le parquet ne requiert pas de condamnation

Le procès du cardinal Philippe Barbarin et de cinq autres prévenus pour «non dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs» par le père Bernard Preynat, et pour «non-assistance à personnes en péril» a été prolongé d’une journée. Il s’achèvera ce jeudi. Au troisième jour de ce procès, le parquet n’a pas requis ce mercredi de condamnation.

Depuis l’ouverture du procès lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon, la procureure adjointe a écouté les personnes mises en causes et les plaignants sans intervenir lors des débats. Finalement, ce mercredi après-midi, Charlotte Trabut n’a requis aucune condamnation à l’encontre des six prévenus.

Cette absence de réquisition suit celle de son prédécesseur qui avait classé l’affaire sans suite en juillet 2016 après une enquête préliminaire sur les mêmes faits.

Plaidoiries des parties civiles

Ce mercredi matin lors de leurs ultimes plaidoiries, les avocats des parties civiles ont tenté de convaincre que le cardinal Barbarin et son entourage avaient omis d’informer la justice au sujet des abus sexuels commis par le père Preynat. L’ancien aumônier scout est accusé d’avoir abusé de 70 enfants dans les années 1970-1980.

«Cardinal Barbarin, vous êtes un menteur quand vous dites avoir appris les faits en 2014 par le témoignage d’Alexandre Hezez» a lancé Me Jean Boudot.

Selon le quotidien français La Croix, Me Boudot s’est employé à démontrer que l’obligation de dénoncer s’imposait en premier lieu au cardinal et à son entourage. Il a rappelé, indique le journal, que selon la loi, cette obligation vise à protéger non seulement les victimes mais la société dans son entier et s’impose donc à toute personne informée d’un abus sexuel sur mineur, quel que soit l’âge de celui-ci au moment où elle en prend connaissance.

Or, pour la procureure, «l'élément intentionnel ne peut pas se caractériser seulement par une omission (de dénoncer l'affaire à la justice), couplée à une connaissance (d'agressions, ndlr), ça ne suffit pas», a-t-elle insisté.

Après le réquisitoire, les avocats de la défense doivent à leur tour plaider.

Après la première journée dominée par les déclarations du cardinal Barbarin, et celle de son directeur de cabinet à l’époque des faits, Pierre Durieux, l’ensemble des cinq autres prévenus a répondu hier aux questions de la présidente du tribunal correctionnel de Lyon.

La première à prendre la parole fut Régine Maire, ancienne collaboratrice de l’archevêque de Lyon. Mgr Thierry Brac de la Perrière, évêque de Nevers, et alors évêque auxiliaire de Lyon s’est exprimé ainsi que Mgr Maurice Gardès, actuel archevêque d’Auche et responsable à l’époque du secteur du Roannais où officiait le père Preynat. Enfin, le père Xavier Grillon, vicaire épiscopale pour le Roannais, a lui aussi été entendu. Chacun a pu livrer sa version des faits.

Témoignage des plaignants

Après l’audition de tous les prévenus, ce sont les plaignants qui ont pris la parole. Ils ont pu expliquer à la Cour ce que le père Preynat leur avait fait subir quand ils étaient enfants. Ils sont revenus également sur leurs démarches auprès des autorités ecclésiastiques. «Si je suis là aujourd’hui, ce n’est pas dans un esprit de revanche, c’est pour que des hommes d’Église entendent ma souffrance» a déclaré Christian Burdet, 53 ans, père de trois enfants, abusé par le père Bernard Preynat pendant un camp scout. Des propos relayés par RCF Lyon et le journal La Croix.

À l’ouverture du procès, lundi, le cardinal Barbarin avait nié tous les faits qui lui sont reprochés. «J’affirme en conscience que je n’ai jamais cherché à cacher les faits. Et jamais, jamais, je ne les ai couverts», a-t-il déclaré.

09 janvier 2019, 19:28