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Indigènes lors de la rencontre avec le Pape au Pérou en janvier 2018 Indigènes lors de la rencontre avec le Pape au Pérou en janvier 2018  (AFP or licensors)

JMJ : les peuples indigènes alertent sur les dangers qui les menacent

A partir de ce jeudi 17 janvier, au Panama, débute une rencontre internationale de la jeunesse indigène, en amont des JMJ. Plus de 1 000 jeunes issus de peuples autochtones doivent y participer.

Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican

Cette rencontre, la première du genre, se tient dans la commune de Soloy, territoire indigène le plus vaste du Panama, en bordure du fleuve Fonseca. Durant trois jours, de jeunes indigènes venant du monde entier partageront toute la richesse et la diversité de leurs coutumes ancestrales, mais aussi leur expérience de vie et de foi. Ils se joindront ensuite aux dizaines de milliers de jeunes de leur âge, qui se réuniront autour du Pape François à partir du 24 janvier pour les JMJ proprement dites.

Un village indigène, déployant artisanat, danse et musique, sera en outre reconstitué en plein cœur de la capitale panaméenne. Plusieurs formes d’expression, - comme la réalisation de peintures murales-,  seront ainsi proposées aux jeunes autochtones qui pourront sensibiliser, par ce biais, les autres pèlerins à leurs traditions parfois menacées, à leurs réalités souvent difficiles, et à leurs combats.

Les combats des indigènes d’Amérique centrale et latine

Le continent américain recèle une multitude de peuplades autochtones. Et d’une manière générale, leurs conditions de vie ne varient guère d’un pays à l’autre. Qu’il s’agisse du Panama-, qui en compte 7-, du Guatemala, du Brésil, ou du Pérou, la situation de ces indigènes est marquée du sceau de la marginalisation et de l’exclusion sociale. Leurs cultures, leurs langues, leur histoire ne bénéficient que de peu de considération au sein de sociétés encore très imprégnées d’une mentalité coloniale.

Autochtones d’Amérique centrale et latine partagent aussi des défis communs liés à la protection de la nature et de ses ressources. Le sous-continent concentre un tiers des investissements mondiaux dans le secteur de l’industrie minière et extractive, dont les rênes sont détenues par de grandes multinationales. Celles-ci sont accusées de s’adonner à un pillage en règle de ces terres, dans une logique d’exploitation et de rentabilité à tout prix. Les populations locales, notamment indigènes, subissent de plein fouet les corollaires de cette industrie extrêmement polluante et nocive pour l’environnement dont ils sont partie intégrante. Certaines, avec leurs pauvres moyens mais presque toujours appuyées par l’Église locale, tentent de faire front mais la lutte s’avère bien souvent inégale.

Evangélisation et inculturation

Autre enjeu de taille: la place de ces indigènes au sein de l’Église et de sa mission. Les questions de l’intégration, -et non de la dilution ou de l’annihilation-, de leurs traditions, d’un accompagnement bienveillant et engagé, d’une évangélisation respectueuse du sensum fidei du Peuple de Dieu de ces régions, constituent autant de thématiques pastorales cruciales pour les Églises locales.

Le père Bernard Gosse est un prêtre français du diocèse de Nanterre, fin connaisseur du Guatemala où il se rend régulièrement depuis 1986. Il a notamment traduit la Bible en K’iche’, une des langues indigènes du pays. Il revient avec nous sur la situation générale des peuples indigènes d’Amérique centrale.

Écoutez l'interview du père Bernard Gosse

La question indigène est particulièrement chère au Pape François; il y consacre d’ailleurs une large partie de son encyclique Laudato Si’. Elle figurera également en tête des sujets du prochain synode sur l’Amazonie, prévu en octobre 2019 au Vatican.

17 janvier 2019, 15:39