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Le président érythréen, Isaias Afwerki, reçoit une clé de la part du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, le 28 décembre 2018, lors de la cérémonie de réouverture de l'ambassade érythréenne à Addis Abeba.  Le président érythréen, Isaias Afwerki, reçoit une clé de la part du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, le 28 décembre 2018, lors de la cérémonie de réouverture de l'ambassade érythréenne à Addis Abeba.   (REUTERS)

Paix dans la Corne de l’Afrique: l’optimisme prudent de Mgr Bertin

Après l’accord de paix historique signé l’été dernier entre l’Éthiopie et l’Érythrée, l’évêque de Djibouti et administrateur apostolique de la Somalie, revient sur le climat dans la région.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel - Cité du Vatican

C’est l’une des images de l’année 2018: le 9 juillet dernier, à Asmara, la capitale érythréenne, le premier ministre éthiopien et le président érythréen ont signé une «déclaration conjointe de paix et d’amitié». Leur accolade historique restera l’un des symboles de détente entre deux ennemis. Le texte signé met officiellement fin à vingt années de conflits entre les deux pays voisins de la Corne de l’Afrique.

Le conflit frontalier entre les deux pays a fait entre 70 et 100 000 morts depuis 1998, selon les sources. Les deux voisins de disputaient un territoire frontalier, peuplé majoritairement d’Éthiopiens, mais en théorie appartenant à l’Érythrée après un premier accord signé en 2000. 

Conséquence de ce rapprochement, le rétablissement de relations diplomatiques entre Asmara et Addis-Abeba. Après le rétablissement des lignes téléphoniques, les liaisons aériennes ont repris entre les deux capitales.

Un premier changement à Addis-Abeba

L’arrivée au pouvoir en février dernier d’Abiy Ahmed à la tête du gouvernement éthiopien a donné un coup d’accélérateur pour déboucher sur cette nouvelle configuration. C’est en acceptant de céder deux districts occupés au voisin érythréen que le premier ministre éthiopien a permis de faire basculer les choses. Un geste très vite salué par le chef de l’État, Issayas Afewerki.

La déstabilisation de la Corne de l’Afrique est aussi un enjeu stratégique majeur pour de nombreux acteurs régionaux, et au-delà. Ainsi, le rapprochement entre les deux pays a été préparé par les États-Unis, l'Arabie saoudite et les Émirats Arabes-Unis. Ces derniers mois, de nombreuses visites diplomatiques des trois pays ont eu lieu aussi bien à Asmara qu’à Addis-Abbeba, sans que l’on n’en sache plus sur le contenu des entretiens.

Pour les États-Unis, il s’agit de contenir l’expansion de la Chine sur le continent africain, qui en 2017 avait ouvert une première base militaire à Djibouti. Pour les deux puissances du Golfe, il s’agit de contrer l’influence de l’Iran voisine.

Un espoir de paix pour la région

Ce rapprochement a redonné l’espoir d’une stabilisation de la Corne de l’Afrique, jusqu’à la Somalie voisine, encore minée par l’insécurité et la menace terroriste. C’est ce que nous explique Mgr Giorgio Bertin, l’évêque de Djibouti et administrateur apostolique de Somalie.

Entretien avec Mgr Giorgio Bertin, évêque de Djibouti
31 décembre 2018, 13:01