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Des enfants d'Alep allument des bougies pour la paix en Syrie Des enfants d'Alep allument des bougies pour la paix en Syrie 

Card. Zenari: en Syrie, les enfants doivent être protagonistes de la paix

Dans le cadre de la campagne lancée par l’AED et soutenue par le Pape François, «Bougies pour la paix en Syrie », le cardinal Mario Zenari, nonce apostolique à Damas, revient sur la situation de ce pays en guerre depuis bientôt 8 ans.

Roberta Gisotti - Cité du Vatican

C’est à l’issue de la prière de l’Angélus, dimanche 2 décembre, que le Souverain Pontife a manifesté son soutien à la campagne de l’Aide à l’Eglise en détresse. «Que ces flammes d’espérance dispersent les ténèbres de la guerre!», a-t-il lancé en brandissant un grand cierge sur lequel figuraient les photos de plusieurs enfants syriens, Aleppins pour la plupart.

Le bilan de ces 7 années de guerre est vertigineux: selon les estimations de l’ONU, on compte plus de 350 000 morts, 6 millions de déplacés internés, 5 millions de réfugiés à l’étranger, et 3 millions de personnes vivant en zones assiégées. Seuls 700 000 chrétiens vivraient encore dans le pays, passant de 10 à 3% de la population.

Le cardinal Mario Zenari, présent à Rome pour le lancement de cette campagne,  redit sa forte préoccupation pour la paix qui tarde à venir :

R: La situation s’est compliqué au fil des ans. En Syrie actuellement, on compte la présence d’une vingtaine de nations et parmi elles 5 qui disposent des armées les plus puissantes au monde. Je ne les mentionne pas, car tous les connaissent. Ensuite il y a une fragmentation des groupes armés qui, parfois, se battent entre eux. Tout cela au détriment des civils, des pauvres gens et des enfants. Je le répète, ce conflit est malheureusement le massacre des innocents ; tant d’enfants sont morts sous les bombes ou pris entre deux feux. La Syrie est comme Rachel qui pleure ses enfants, et qui ne peut être consolée, car on ne sait plus combien de personnes, civils et enfants, ont perdu la vie. Le massacre des innocents… Il a été beau de voir les enfants, protagonistes de cet événement, donner au Pape cette bougie qui a été allumée en même temps en Syrie et dans d’autres parties du monde.  Ce raz-de-marée d’atrocités a débuté à la fin du mois de février 2011, comme par hasard, dans le sud de la Syrie à Darah, quand un groupe d’enfants a été arrêté pour avoir taggué des slogans de protestation sur le petit mur d’une école. Cela a été l’étincelle. Les familles ont commencé à manifester pour demander la libération de ces enfants prisonniers. Les enfants doivent être les protagonistes de la paix, de la réconciliation et cette bougie, cette flamme de la paix et de la liberté doit d’abord être dans la main des enfants et des jeunes syriens. Ils doivent la maintenir vive, avec l’aide de la communauté internationale.

Q: Par le passé, vous avez souhaité un rôle positif des leaders religieux. Y-a-t-il quelque chose qui se profile à ce niveau ?

R: Les leaders religieux ont un grand rôle à jouer en Syrie ; ils doivent se tenir au premier plan comme promoteurs de réconciliation et de paix. C’est un devoir important pour eux, chrétiens et musulmans. C’est une grande mission qui se profile. Et nous espérons donc que ce rôle occupe davantage le terrain.

Q: Pourquoi est-ce important d’allumer ces bougies (…) pour ce monde chrétien qui a fait tant de sacrifices pour pouvoir rester en Syrie ?

R. Je dirais que c’est un geste hautement significatif, confié aux nouvelles générations, donc aux jeunes et aux enfants qui ont le devoir de porter en avant ce processus de réconciliation, de paix et de liberté.

04 décembre 2018, 17:40