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Visite ad limina des évêques d'Iran, avec le Pape François, 23 novembre 2018 Visite ad limina des évêques d'Iran, avec le Pape François, 23 novembre 2018  

Les évêques d’Iran rencontrent le Pape François

L’épiscopat iranien est en visite ad limina au Vatican. Même si l’entretien entre le Saint-Père et les évêques reste à huis-clos, cette venue est l’occasion de s’intéresser à l’Église catholique en Iran.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Plus de 99% des 80 millions d’habitants que compte la République islamique d’Iran sont musulmans chiites. Les chrétiens seraient environ 60 000, en majorité des arméniens orthodoxes. Le nombre de catholiques est estimé à 11 000 personnes. Avec les zoroastriens et les juifs, les chrétiens sont une minorité officiellement reconnue et protégée («dhimmi») par la Constitution du pays.

Territoires

L’Église catholique en Iran se compose de trois archiéparchies et une éparchie de rite chaldéen, une éparchie de rite arménien, un archidiocèse de rite latin.

Ce vendredi matin, le Pape François a donc reçu Mgr  Ramzi Garmou, archevêque de Téhéran des Chaldéens et président de la Conférence épiscopale iranienne, Mgr Sarkis Davidian, évêque d’Ispahan des Arméniens, et le père Jack Youssef, administrateur apostolique d’Ispahan (archidiocèse de rite latin).

Dans ces diocèses opèrent quelques communautés religieuses : salésiens, dominicains, lazaristes, Filles de la Charité… entre autres.

Une minorité vieillissante et surveillée       

La minorité chrétienne d’Iran se réduit progressivement, à cause de l’émigration, souvent liée à des évènements politiques (révolution de 1979, guerre contre l’Irak de 1980 à 1988), et aussi à cause de la baisse du taux de natalité.

Les chrétiens souffrent par ailleurs d’une liberté religieuse limitée. Le nationalisme officiel ne favorise pas leur intégration, ni la législation islamique. Aucune forme d’évangélisation n’est autorisée, ce qui a valu à beaucoup de chrétiens iraniens d’être arrêtés pour soupçon de prosélytisme. Des écoles ont été fermées et des congrégations expulsées, en particulier du temps de l’ayatollah Khomeini. Les chrétiens restent aujourd’hui des citoyens de seconde classe.  

Un dialogue constant avec le Saint-Siège

Le Saint-Siège et l’Iran entretiennent des relations diplomatiques depuis 1956, sans interruption. Une nouvelle phase s’est ouverte sous le pontificat de saint Jean-Paul II : ce dernier reçoit en audience le président de l’époque, Muhammad Khatami, en 1999. Celui-ci est aussi reçu par Benoît XVI en 2007.

En 2001, le secrétaire pour les rapports avec les États, le cardinal Jean-Louis Tauran, se rend en Iran. Ses visites continuent lorsqu’il devient président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux.

Le dialogue avec l’Iran s’intensifie sous le pontificat du Pape François, qui a rencontré en janvier 2016 le président Hassan Rohani, ainsi qu’à deux reprises le vice-président Shahindokht Molaverdi. Pendant ces entretiens, le Saint-Siège et la République islamique se sont montrés d’accord sur des thèmes comme la défense de la famille, la collaboration entre les religions pour la promotion de la paix et contre l’extrémisme et la violence au nom de la religion.

23 novembre 2018, 15:52