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Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et président de la CENCO Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et président de la CENCO  

Les évêques de RDC appellent à «une véritable alternance démocratique»

En République Démocratique du Congo, les élections présidentielles auront lieu le 23 décembre prochain. Un scrutin très attendu pour organiser la succession du président Joseph Kabila, dont le mandat devait prendre fin le 20 décembre 2016. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), active dans les négociations politiques, a publié hier un message pour faire part de ses recommandations.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Les évêques de RDC se sont réunis en Assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa du 20 au 22 novembre. L’objectif de la réunion : «une évaluation du processus électoral en cours». Dans un message fort publié le dernier jour de leur rencontre, ils dressent d’abord un état des lieux.

Tout n’est pas perdu

«La liberté de manifestation n’est pas encore un acquis pour tous», déplorent les évêques congolais, qui font aussi remarquer que «certains opposants politiques sont toujours soit en prison soit en exil». Un État apparemment tout-puissant, mais incapable de garantir la stabilité du pays : «cette insécurité, apparemment planifiée, fait planer sur notre pays le spectre de la balkanisation», s’inquiètent les évêques. Un appel est alors lancé : «peuple congolais, nous vous prenons à témoin». L’épiscopat admet que «tout n’est pas encore perdu», à condition d’avoir «un esprit patriotique et la volonté politique». Des «élections libres, transparentes, crédibles et apaisées» sont évidemment demandées. Et pour cela, plusieurs recommandations sont faites.

Davantage de responsabilité

Au peuple congolais d’abord : «l’heure est venue de procéder à un vote responsable». La CENCO prévient l’électorat contre «les beaux parleurs et les vendeurs d’illusions» et surtout contre les pratiques de la corruption. Aucune consigne de vote n’est cependant donnée. «La CENCO ne soutient aucun candidat, elle n’a pas de préféré à vous proposer», peut-on lire.

Du gouvernement, les évêques exigent «le parachèvement des mesures de décrispation politique telles que prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre» du 31 décembre 2016. Il devrait aussi sécuriser «les zones où sévissent les groupes armés», «garantir la liberté d’expression et lever l’interdiction de manifestations publiques». La «crédibilité des élections» en dépend, d’après l’épiscopat.  

Au service du bien commun et de la vérité

La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), les instances judiciaires, les partis politiques, les candidats et la communauté internationale reçoivent eux aussi des recommandations de la part de la CENCO. L’objectif est de convaincre chacun de respecter des principes démocratiques.

Ainsi, les candidats sont appelés à «convaincre les électeurs par la pertinence de programmes politiques et non par des cadeaux». Et à la communauté internationale, on recommande «de ne prendre en considération que les résultats qui soient conformes à la vérité des urnes».

Prier pour la paix

Dans la conclusion de leur message, les évêques de RDC insistent sur la gravité de ce rendez-vous électoral pour l’avenir de la nation. «Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter une parodie d’élections dont les résultats ne seraient pas acceptés et qui, de surcroît, plongerait notre pays dans la violence», écrivent-ils avec lucidité.

Les prélats comptent aussi sur la prière des «fidèles chrétiens et [de] toutes les personnes de bonne volonté», recommandant de réciter la «prière de Saint François d’Assise». Pour que l’unité et la paix deviennent un jour réalité en terre congolaise.

23 novembre 2018, 17:55