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La déclaration soutient l'utilisation des énergies renouvelables La déclaration soutient l'utilisation des énergies renouvelables 

Climat : publication d'une déclaration conjointe des conférences épiscopales

Une déclaration conjointe des conférences épiscopales a été publiée ce vendredi à propos de la justice climatique. Le document est signé par six archevêques, responsables des groupements continentaux des conférences épiscopales. Il a été rédigé en collaboration avec le réseau Caritas Internationalis et d’autres organisations catholiques engagées pour le climat, la CIDSE et le Global Catholic Climate Movement.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

La déclaration est destinée d’abord aux dirigeants et aux représentants des gouvernements. Les auteurs leur demandent «de travailler à une mise en œuvre ambitieuse de l'Accord de Paris pour les peuples et la planète». Ce sera l’un des enjeux du sommet COP24, qui se déroulera en décembre prochain à Katowice (Pologne). Les archevêques signataires souhaitent que la COP24 soit «capable de marquer un tournant dans la voie tracée en 2015 à Paris».

Xavier Sarte a interrogé l'un d'entre eux, Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la Comece (Commission des Épiscopats de la Communauté européenne).

Entretien avec Mgr Hollerich

Dans la ligne de Laudato Si

 «Nous appelons à prendre des mesures ambitieuses et immédiates pour combattre et surmonter les effets dévastateurs de la crise climatique». Le ton est ferme face à l’urgence de la lutte contre le dérèglement climatique. Les auteurs de la déclaration redisent leur soutien à tous ceux qui sont déjà engagés pour la protection de la planète. «Nous avons entendu " le cri de la terre et le cri des pauvres " », lit-on également, comme une référence à l’Encyclique du Pape François Laudato Si qui a guidé la réflexion des archevêques. Ces derniers appellent «à résister à la tentation de rechercher à court terme des solutions purement technologiques à notre situation actuelle, sans traiter les causes profondes et les conséquences à long terme»

Principes directeurs et recommandations

Trois principes fondent l’appel lancé dans la déclaration : «l’urgence», la «justice intergénérationnelle», la «dignité humaine et les droits».

Les archevêques signataires demandent «des politiques qui incluent et reconnaissent » plusieurs éléments. Il faut d’abord limiter la hausse des températures à 1,5°C : une «transition écologique juste et équitable est une question de vie ou de mort pour les pays vulnérables et les personnes vivant dans les zones côtières», est-il rappelé. Oser «un changement profond et durable vers des modes de vie durables», ce qui exige «des choix politiques audacieux». Écouter, protéger et préserver «les traditions et les connaissances spécifiques des communautés autochtones» : le texte dénonce les «fausses solutions qui utilisent les ressources naturelles comme marchandises au détriment des droits des communautés autochtones».

D’autres secteurs visés

Changer de paradigme financier est également «nécessaire», pour s’orienter vers une «finance qui serve la société, qui renforce les communautés et qui favorise l'intégrité, l'égalité et la justice». Il faut aussi transformer radicalement le secteur de l’énergie en favorisant les énergies renouvelables : dans ce but, «il est nécessaire de supprimer progressivement les subventions aux combustibles fossiles et d’éloigner les investissements des compagnies qui continuent d'exploiter de nouvelles réserves d'une manière incompatible avec l’objectif de l'Accord de Paris de limiter la hausse des températures». Enfin, le secteur agricole est évoqué : l'agriculture «ne devrait pas être utilisée pour son seul potentiel de captage du carbone ni pour favoriser les intérêts des grandes entreprises au détriment d’agriculteurs pauvres et de la santé de la population», déplorent les auteurs. Ces derniers encouragent l’agroécologie «en tant que pratique particulièrement adaptative et résiliente», garante du bien-être de chacun.

Écologie humaine

Bien des actions concrètes sont donc proposées dans cette déclaration. Mais la conclusion évoque encore un autre aspect : «nous croyons fermement que cette conversion écologique est aussi un défi spirituel», estiment les archevêques signataires. Tout ce qui favorise un mode de vie plus durable et plus juste est jugé «essentiel à la survie du genre humain».

Les archevêques signataires de la déclaration 

Cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et Président de la CCEE

Cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai et Président de la FABC

Cardinal Rubén Salazar Gómez, archevêque de Bogota et Président de la CELAM

Mgr Peter Loy Chong, archevêque de Suva et Président de la FCBCO

Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et Président de la COMECE

Mgr Gabriel Mbilingi, archevêque de Lubango et Président du SECAM

26 octobre 2018, 12:12