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Vatican News

Béatification de deux martyrs au Guatemala

Ce pays d’Amérique centrale a accueilli ce samedi la première messe béatification de son histoire. Le père Tullio Maruzzo, franciscain d’origine italienne et le jeune laïc Luis Obdulio Arroyo Navarro ont été béatifiés lors d’une messe présidée par le cardinal Becciu, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Le père Tullio Maruzzo et Luis Obdulio Arroyo Navarro, qui était catéchiste dans sa paroisse, ont été tués ensemble le 1er juillet 1981, en haine de la foi, dans le contexte de la guerre civile qui déchirait alors ce pays latino-américain.

Le père Marcello Maruzzo, de son prénom de naissance, était originaire du nord-est de l’Italie. Il fut ordonné prêtre en 1953, avec son frère jumeau Daniele, par le patriarche de Venise alors, Angelo Roncalli, le futur saint Pape Jean XXIII. Il devint missionnaire franciscain au Guatemala en 1960, exerçant son ministère dans des paroisses rurales : Puerto Barrios, Entre Rios et enfin Morales, lieu de son martyre et de sa béatification.

Luis Obdulio était un catéchiste très investi dans la vie de l’Église locale. Il exerçait dans le civil le métier de chauffeur pour la municipalité de Los Amates, un métier qui lui donnait souvent l’occasion d’accompagner les missionnaires dans leurs tournées auprès des villages les plus reculés. Son engagement se formalisera avec une adhésion au tiers-ordre franciscain,  malgré les inquiétudes de sa famille quant au danger qu’il courait. Mais il répondait que pour lui, mourir en service avec les prêtres serait «une grâce».

Des prêtres défenseurs des droits des paysans

Les escadrons de la mort ciblaient tous ceux qui participaient à l’éducation et à l’alphabétisation du peuple. Le père Tullio était qualifié de «prêtre communiste» par ses ennemis, car il encourageait les paysans dans l’affirmation de leurs droits, face aux abus de pouvoir de la junte.  Plusieurs actes de sa part lui avaient valu de devenir une cible des tueurs, notamment son refus de baptiser les enfants de deux militaires qui voulaient passer outre la phase de préparation, et sa lettre de protestation adressée au président de la République pour protester contre l’expulsion de 60 familles.

Les escadrons mettront en place un scénario complexe pour l’abattre : c’est un garçon de seulement 11 ans, contraint à faire de l’auto-stop sur une route montagneuse, qui sera chargé de cette besogne, et d’abandonner les corps sur la route. La mort du père Tullio et de son chauffeur rencontrera un très fort écho dans le pays. Quatre évêques, une cinquantaine de prêtres et des centaines de paroissiens descendus des montagnes participeront à  leurs obsèques.

Moins d’un mois plus tard, un autre missionnaire sera abattu au Guatemala. Il s’agit du père Rother, le premier martyr reconnu originaire des États-Unis, qui a lui été béatifié l’an dernier.

27 octobre 2018, 18:49