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Des bombardements russes dans la province d'Idleb, le 4 septembre. Des bombardements russes dans la province d'Idleb, le 4 septembre.   (AFP or licensors)

L'inquiétude des Chrétiens d'Idleb face à l'offensive annoncée

La pression grandit sur Idleb, dernière province syrienne encore contrôlée par une multitude de groupes rebelles et jihadistes. Depuis plusieurs jours, les armées du régime de Damas et leurs alliés mobilisent leurs troupes en vue d’un assaut final. Nous avons joint le père Ibrahim Alsabagh, franciscain vivant à Alep.

Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican.

Pour le Kremlin, un «nœud terroriste» s’est formé dans la province d’Idleb ; facteur de déstabilisation de toute la région, il entraverait le règlement politico-diplomatique du conflit syrien, d’où l’urgence et la nécessité de l’éradiquer. La province frontalière de la Turquie regrouperait des milliers de combattants issus d’une myriade de groupes armés, rebelles et jihadistes ; 3 millions de civils y vivent également. C’est l’avenir de ces populations démunies et totalement dépendantes de l’aide humanitaire qui est source de préoccupation. Une offensive d’ampleur aurait sur elles des conséquences désastreuses.

Appels à la retenue

Depuis quelques jours, des appels à la retenue s’élèvent au sein de la communauté internationale ; le dernier en date étant celui de Donald Trump. Lundi, sur Twitter, le président américain a dit craindre une «tragédie humaine», et la mort de centaines de milliers de personnes.
Une inquiétude partagée par le Saint-Siège. Dimanche dernier, le Pape François lançait un appel pour le respect du droit humanitaire en Syrie, exhortait les parties en conflit à privilégier les instruments de dialogue et de diplomatie, afin de sauver la vie des civils. 

Cet appel a été accueilli avec joie par les chrétiens d’Alep, -dont la province est limitrophe de celle d’Idleb-, touchés de la sollicitude sans faille du Pape à l’égard du peuple syrien. Joint par téléphone, le frère Ibrahim Alsabagh ofm, curé franciscain d’Alep affirme que, dans ce contexte rempli d’incertitudes, toute sa communauté a choisi ses armes: la prière et le jeûne.

Dans cette province, subsistent par ailleurs de petites communautés chrétiennes, tombées sous la férule jihadiste il y a quelques années. Vivant en leur pouvoir et sous leur loi, elles tentent de survivre mais font face à des conditions de vie de plus en plus difficiles, entre brimades, humiliations, spoliations, interdiction de s’exprimer ou parfois de célébrer. Des chrétiens sont également enlevés contre des rançons élevées, mais que leurs familles ne peuvent se permettre de payer.

Entretien avec le père Ibrahim Alsabagh, franciscain d'Alep
04 septembre 2018, 17:12