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Le Pape remercie Andrea Bocelli lors de sa participation à la Rencontre Mondiale des Familles, à Philadelphie en 2015. Le Pape remercie Andrea Bocelli lors de sa participation à la Rencontre Mondiale des Familles, à Philadelphie en 2015. 

Andrea Bocelli chantera à Dublin pour le Pape et les familles

Le ténor italien Andrea Bocelli, l’un des chanteurs les plus célèbres du monde, chantera le 25 août au festival des familles, à Dublin, en présence du Pape François. À l’approche de cet évènement, il a accordé une interview exclusive à Vatican News.

Alessandro Gisotti – Cité du Vatican

Ce sera l’un des moments les plus émouvants de la Rencontre Mondiale des Familles à Dublin : le samedi 25 août, au mystique Croke Park Stadium de Dublin, (l’un des plus grands stades d’Europe, qui porte le nom d’un archevêque irlandais décédé en 1902), Andrea Bocelli chantera pour le Pape François et pour les familles présentes, provenant de plus de 100 pays. Le chanteur s’était déjà produit à l’occasion de la Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie en 2015 (tout comme la regrettée Aretha Franklin, décédée aujourd'hui), ainsi qu’à plusieurs autres rassemblements plus anciens, comme les Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris, en 1997, devant saint Jean-Paul II.

Mondialement connu notamment pour ses chansons comme «Con te partirò» ou «Vivo per lei», Andrea Bocelli est un fervent catholique. Dans cet entretien exclusif accordé à Vatican News en italien, Andrea Bocelli perle de l’importance de la foi dans sa vie, de ses attentes personnelles pour la rencontre de Dublin, et il explique comment la musique peut aider les familles à vivre et à témoigner de la joie et de l’amour, comme le demande le Pape François.

Maestro Andrea Bocelli, dans quelques jours vous chanterez à Dublin, pour le Pape mais aussi pour les familles du monde entier. Quelles sont vos émotions à l’approche de ce moment ?

Je retiens que c’est avant tout un honneur d’être impliqué dans cette initiative très noble. Ensuite, c’est un privilège parce que chanter devant le Saint-Père est une chose qui fait plaisir, ne serait-ce que pour cette sorte de fragilité humaine qui fait que quand on se rapproche de personnalités si charismatiques, on se sent content ! Et ensuite, c’est aussi une responsabilité, justement parce que dans ces contextes il y a des messages qui sont lancés, il y a la possibilité de donner des messages. Il faut que ces messages soient les bons. Je chercherai donc à être prêt, bien préparé comme toujours, à donner le meilleur de moi-même et ensuite, espérons que tout aille bien, que les familles ramènent à la maison un beau souvenir de ce moment musical.

Évidemment, quand la nouvelle de votre participation a été officialisée, cela a créé beaucoup d’attentes : beaucoup veulent vous écouter à Dublin. Vous, qu’est-ce que vous espérez recevoir, personnellement, de cet évènement ?

Dans un cas comme celui-là, mais je dirais, toujours, quand on monte sur scène, on ressent un donnant-donnant : si l’artiste réussit à donner le meilleur de lui-même, le public, généralement, lui répond avec cette sorte d’affection, de gratitude qui est extrêmement agréable. Je me réjouis de recevoir cela. Aussi parce que le peuple irlandais est un peuple qui m’est très cher et auquel je suis attaché.

Le Pape François demande aux familles d’être une joie pour le monde, pour les croyants et les non-croyants. Le chant, la musique peuvent aider les familles dans ce défi ?

Tout ce que l’on fait pour le bien peut aider et, de fait, aide. Donc aussi l’œuvre de celui qui, comme moi, chante, se donne donc comme objectif de donner de la joie, de donner un moment de légèreté dans lequel l’esprit vole et où l’on peut réfléchir, méditer sur le sens de la vie, sur les choses qui comptent vraiment… Le chant, à son petit niveau, fait sa part, c’est certain. Saint Augustin disait que «celui qui chante prie deux fois» ! Cela me plaît beaucoup de croire à cela, parce que si c’est vrai, alors moi dans ma vie j’ai beaucoup prié.

Vous citez saint Augustin. Pour celui qui croit, une voix comme la vôtre est un don de Dieu. La foi, quelle place a-t-elle dans votre extraordinaire talent musical qui est un don, mais évidemment un don qui doit être alimenté ?

Il me faut partir du début : le chant, la voix, comme tous les talents de ce monde est un don de Dieu, et sur ce point il n’y aucun doute. Dans l’homme n’existent pas de mérites, parce que tout ce qu’il réussit à réaliser dans la vie, l’homme le fait à travers des dons, des talents qu’il a reçus : il n’y a donc pas à se sentir fier, dans ce sens. Il faut remercier et c’est tout. La foi est un chemin qui se fait dans la tentative de comprendre le sens de la vie. Je crois qu’il revient donc à chacun de s’arrêter pour réfléchir sur le sens de la vie. Certains pensent être les enfants du hasard, mais je considère ceci comme un incident intellectuel, parce que se considérer comme les enfants du hasard c’est un peu comme se retrouver devant la Pietà de Michel-Ange et ne pas croire à la paternité de cette sculpture, c’est-à-dire penser que la Pietà a été retrouvée un jour dans  les Alpes apuanes (un massif montagneux de Toscane, ndlr) comme ça, par hasard, parce que le hasard l’a sculptée comme ça.

Pour moi c’est un parcours aussi rationnel : j’ai pensé que le monde ne pouvait être que le fruit d’une volonté intelligente, beaucoup plus que la nôtre, et depuis ce moment j’ai aussi espéré qu’il y ait une volonté d’amour, une volonté qui nous aime vraiment ! Parce qu’il y a aussi deux façons d’avoir la foi : celle du chrétien qui fait reposer en Dieu toute l’espérance et la confiance possible, et celle de Iago, dans Othello de Shakespeare, qui disait : «Je crois en un Dieu cruel qui m’a créé similaire à lui». On peut aussi croire comme cela. C’est toujours plus logique que de ne pas croire !

16 août 2018, 17:48