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Un catholique de Pennslvanie priant avec un chapelet lors de la venue du Pape François à Philadelphie, en septembre 2015. Un catholique de Pennslvanie priant avec un chapelet lors de la venue du Pape François à Philadelphie, en septembre 2015.  (AFP or licensors)

Rapport sur les abus en Pennsylvanie: la réaction de l’Église locale

Les évêques catholiques de Pennsylvanie expriment leur «profond remord» et leur «grande tristesse» après la publication d’un rapport révélant l’ampleur des abus commis au sein de l’Église dans cet État américain au cours des décennies écoulées.

P.Bernd Hagenkord, SJ – Cité du Vatican

«C’est douloureux pour tous ceux qui le lisent, en particulier pour les survivants des abus sexuels et pour leurs familles», peut-on lire dans une déclaration du diocèse de Philadelphie. «Nous sommes profondément désolés pour leur douleur et nous restons sur la voie de la guérison.» L’évêque de Pittsburgh a écrit dans sa déclaration que sur aucun point il ne cherche à minimiser la douleur des victimes. Les huit diocèses de Pennsylvanie ont répondu au rapport préparé par un grand jury, officiellement chargé selon le droit américain, avec l’aide de la police, d’enquêter sur de possibles comportements criminels. L’enquête avait été ouverte par le procureur général de l’État. Six des huit diocèses de Pennsylvanie étaient concernés par cette enquête précisément, alors que deux autres ont déjà fait l’objet d’autres rapports.

Plus de 1000 victimes

Il a fallu deux ans au jury pour compléter ce rapport de 900 pages. Il s’agit d’abus commis dans l’État de Pennsylvanie par des personnes d’Église au cours des sept décennies écoulées. Plus de 1000 victimes ont été identifiées, mais leur nombre réel est probablement plus élevé. Ce rapport est le plus complet jamais produit par une institution gouvernementale aux États-Unis sur les cas d’abus. Outre les noms cités dans le dossier, l’accusation qui émerge est le fait que la hiérarchie ecclésiastique ait mis en place un «scénario» pour une couverture systématique des cas, afin de sauver la réputation de l’institution.

Aucun coupable ne doit être protégé

Il est nécessaire de combattre ce crime «pour garantir qu’aucun enfant ne soit victime d’abus et qu’aucun coupable ne soit protégé», affirme le diocèse de Scranton. Ce diocèse a publié sur son site web les noms de 70 coupables, prêtres et laïcs, y compris des personnes qui ne sont pas mentionnées dans le rapport du grand jury. Le diocèse d’Erie cite 34 personnes, et indique aussi les noms de 31 personnes décédées. Parmi les 65 personnes figurent une femme et un évêque. Selon le site du diocèse, cet évêque n’avait pas enquêté sur des accusations d’abus qui auraient dû relever de sa compétence. L’actuel évêque d’Erie, Mgr Lawrence Persico, a écrit directement aux  victimes des abus.

Prière et soutien

Tous les diocèses, comme le rapport lui-même, soulignent qu’au cours des dernières années et décennies ont été faits de grands progrès en terme de transparence. «Nous continuerons à demander pardon pour les péchés de notre passé, et nous offrirons des prières et un soutien à toutes les victimes de ces actions», a souligné l’évêque de Harrisburg, Mgr Ronald W. Gainer. «Nous nous engageons à poursuivre et à intensifier les changements positifs pour garantir que de telles atrocités ne se répètent jamais plus… Je veux que les enfants, les parents, les paroissiens, les étudiants, le personnel, le clergé et le grand public sachent que nos églises et nos écoles sont sûres ; il n’y a rien que nous prenons plus au sérieux que la protection de ceux qui entrent à travers nos portes.»

 

15 août 2018, 12:36