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Funérailles de 19 des 42 victimes de l'effondrement du viaduc Morandi à Gênes, ce samedi 18 août Funérailles de 19 des 42 victimes de l'effondrement du viaduc Morandi à Gênes, ce samedi 18 août   (AFP or licensors)

Funérailles nationales pour les victimes de Gênes

Ce samedi, l’Italie est en deuil. Ce matin à Gênes, le cardinal Angelo Bagnasco a célébré les funérailles de 19 des 42 victimes italiennes, françaises, albanaises et péruviennes. L’archevêque de Gênes a encouragé chacun à regarder vers le haut, vers Dieu qui est source d’espérance et de confiance. Cinq jours après l’effondrement du viaduc Morandi à Gênes, les secouristes ont retrouvé toutes les personnes portées disparues dans les décombres.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

La ville portuaire de Gênes était à l’arrêt ce samedi. Des milliers de Génois ont tenu à prendre  part à la cérémonie nationale, aux côtés des familles et des plus hautes autorités italiennes. Dans le vaste pavillon du parc des expositions de la ville, ils se sont recueillis observant en silence, les cercueils alignés et recouverts de fleurs blanches face à l’autel. Posés à même le bois, les photos de ces destins brisés, un maillot de football ou un ours en peluche.

La lecture des prénoms des 38 morts identifiés et l'évocation des dernières victimes encore non identifiées a été suivie de longs applaudissements.

Un appel du Pape

«L’effondrement du pont  (…) a provoqué une plaie dans le cœur de Gênes». Dans son homélie, l’archevêque de Gênes se fait l’écho des nombreux signes de désarroi mais également de soutien reçus en provenance du monde entier. Le Pape François l’a appelé vendredi. «Un appel affectueux pour exprimer sa proximité», dit-il.

«Face à la tragédie, les paroles de soutien sont peu de chose, poursuit-il, la justice indispensable ne peut rien effacer, ni rien restituer ». Et ainsi, « nous sommes là pour nous en remettre à la miséricorde et la consolation que seul Dieu peut donner».

Cette expérience de l’incrédulité au sentiment de catastrophe, alors que se mesure de nouveau «l’inexorable  fragilité de la vie», le cardinal entraperçoit un «filet de lumière». Plus nous nous découvrons vulnérables et exposés, plus nous mesurons combien les liens humains sont nécessaires, avec la familles, les proches mais aussi avec la société. «C’est la joie de la simple présence des autres qui nous permet d’aller de l’avant».

Si les vicissitudes humaines ne sont pas claires poursuit-il, Jésus nous montre que nous pouvons nous confier à Dieu. «La foi ne disperse pas toutes nos ténèbres mais illumine le chemin, pas à pas, jour après jour», a-t-il assuré.

«Gênes ne s’avoue pas vaincu»

Le cardinal Bagnasco a prononcé des paroles d’encouragement. Malgré cette «profonde blessure», «Gênes ne s’avoue pas vaincu, elle continuera à lutter», mettant en exergue l’âme et le courage du peuple génois. Provoquant de longs applaudissement, il a salué les personnes qui se sont données sans réserve pour porter secours aux victimes de l’effondrement, dont les quelques 600 personnes expulsées de leurs domiciles. Il espère que celles-ci trouveront plus qu’un accueil temporaire.

«Est venue l’heure de fraternité» «pour construire des ponts nouveaux», l’archevêque du diocèse de Gêne a tenté d’apaiser les cœurs endoloris ou colère. Vendredi, il a dit respecter les familles des victimes qui ont préféré des funérailles privées. Certaines refusaient d’être un faire-valoir des autorités, responsables selon elles de la mort de leurs proches.

Ce matin, d’anciens ministres ont été sifflés tandis que le président Sergio Mattarella et les membres du gouvernement étaient applaudis à leur arrivée. Ces derniers ont rejeté la faute sur leurs prédécesseurs au pouvoir,  et surtout sur la société propriétaire de l’autoroute. Autostrade dont le contrat a été révoqué vendredi et qui a maintenant 15 jours pour se défendre. Les responsables de l’entreprise ont également pris part aux funérailles. On a appris leur présence à l’issue de la célébration.

18 août 2018, 10:53