Version Béta

Cerca

Vatican News
Le cardinal Brenes, archevêque de Managua. Le cardinal Brenes, archevêque de Managua.  (AFP or licensors)

Nicaragua: tous en faveur d'un dialogue qui tarde à reprendre

Le président Daniel Ortega veut poursuivre le dialogue. Les évêques n’ont, eux, pas l’intention d’interrompre leur médiation et de se retirer.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Si Daniel Ortega a proclamé devant la presse internationale qu’il avait l’intention de poursuivre le dialogue, il n’a pas formellement répondu à la lettre des évêques envoyée il y a un mois. Ils demandaient au chef de l’État s’il les acceptait toujours en tant que médiateurs. Mais qu’importe, pour le cardinal Leopoldo Brenes, cette annonce du président nicaraguayen est une bonne nouvelle.

Lors d’une conférence de presse, ce dimanche 29 juillet, l’archevêque de Managua a maintenu de son côté la disposition des évêques à assurer la médiation entre le pouvoir, vivement contesté dans la rue, et l’opposition dont la principale revendication est désormais l’organisation d’élections anticipées.

Maintenir l’espérance

Le cardinal Brenes entend bien rester, avec les autres évêques du pays, «un messager de l’espérance». «Nous sommes tous des missionnaires de l’espérance» a-t-il insisté. «Nous devons baisser d’un ton» a-t-il ajouté, en référence aux propos particulièrement virulents de Daniel Ortega, qui n’avait pas hésité, lors des commémorations du 39e anniversaire de la révolution sandiniste, à accuser l’épiscopat de tentative de pustch et d’être sataniste.

L’archevêque de Managua a également rappelé que tous avaient «le droit de manifester», faisant référence à la répression violente des manifestations de l’opposition ces dernières semaines, et au vote d’une loi antiterroriste controversée qui assimile tout manifestant à un terroriste.

Il s’est félicité que deux manifestations de soutien aient été organisées, l’une en faveur des évêques, l’autre en faveur du gouvernement, soulignant que ces initiatives ne venaient pas de l’Église mais des laïcs.

Il a rappelé que le 1er et le 10 août prochains, deux processions auront lieu en mémoire de saint Dominique de Guzman, saint-patron de Managua. L’archevêque de la capitale entend bien que ces deux événements gardent un sens strictement religieux. Pas question pour lui de mélanger la politique et la foi.

30 juillet 2018, 12:56