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Mossoul toujours sous les décombres un an après sa libération des djihadistes de l'EI. Mossoul toujours sous les décombres un an après sa libération des djihadistes de l'EI.  (AFP or licensors)

Dans les ruines de Mossoul, l'avenir fragile des chrétiens

Le 9 juillet 2017, le Premier ministre irakien annonçait la défaite militaire de l’État islamique à Mossoul. Après 3 ans de domination djihadiste, la ville tente aujourd’hui de retrouver un semblant de normalité. Le frère Michaeel Najeeb o.p, bien que résidant à Erbil, arpente régulièrement les rues de sa ville natale, depuis sa libération. Témoignage.

Entretien réalisé par Manuella Affejee - Cité du Vatican

Selon le dominicain irakien, «il serait plus juste de parler de deux villes de Mossoul», qui présentent deux réalités contrastées. Celle qui se trouve sur la rive occidentale du Tigre, et qui avait été épargnée par les combats, a repris son activité bouillonnante. Les habitants se pressent sur les marchés, dans les rues; les bars, restaurants et salles de jeux essaiment, et transforment progressivement le visage de la deuxième ville d’Irak. 

Une rive orientale dévastée

La rive orientale du fleuve, épicentre des féroces combats de rue entre l’armée irakienne et les djihadistes, ravagée par les bombardements de la coalition internationale, n’est, quant à elle, plus qu’un tas de pierres. Les maisons, églises, monastères et mosquées sont en ruines; le père Najeeb confie avec tristesse n’avoir même pas reconnu le quartier où il a grandi. Et la reconstruction, qui n’en est qu’à ses débuts, s’annonce laborieuse.

L'empreinte idéologique

Les trois ans de dictature de l’EI, ses exactions et crimes quotidiens, ont profondément marqué les esprits. Si beaucoup de Mossouliotes se réjouissent d’avoir été libérés du joug du groupe terroriste, d’autres, qui avaient soutenu les djihadistes et salué leur arrivée, tentent aujourd’hui de se faire discrets; mais ils sont toujours porteurs de la même idéologie, affirme le père Najeeb, et celle-ci doit être combattue par l’éducation des jeunes générations. Autrement, elle sera condamnée à réapparaitre, sous une autre forme.

La confiance brisée,  un retour quasi-impossible 

Quant aux chrétiens, chassés de la ville par les djihadistes en juillet 2014, ils ne sont toujours pas revenus, exceptée une vingtaine de familles. Et pour cause: leurs maisons ont été pillées et détruites, tout comme la plupart de leurs églises. «Les chrétiens ont peur de revenir et on les comprend », assène le père Najeeb, qui constate que «la confiance est rompue». Le dominicain, qui a pu sauver de justesse des manuscrits antiques des mains de Daech, s’inquiète du devenir de la présence chrétienne à Mossoul, et dans la Plaine de Ninive, berceau historique du christianisme oriental.

Entretien avec le père Michaeel Najeeb o.p, originaire de Mossoul
09 juillet 2018, 07:58