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Le père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 alors qu'il célébrait la messe Le père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 alors qu'il célébrait la messe 

Hommage au père Hamel : Mgr Lebrun appelle à combattre le mal

Il y a deux ans jour pour jour, le père Jacques Hamel était tué par deux terroristes islamistes alors qu’il célébrait la messe à Saint-Etienne-Du Rouvray, en Normandie, à l’ouest de la France. Ce jeudi, un hommage lui a été rendu. Une marche silencieuse, suivie d’une messe présidée par l’archevêque de Rouen et d’une cérémonie républicaine.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

A Saint Etienne du Rouvray, l’ambiance est recueillie ce jeudi matin lorsque débute la messe présidée par l’archevêque de Rouen accompagné d’une douzaine de prêtres, pour rendre hommage au père Jacques Hamel, assassiné il y a deux ans.

«Ce matin, nous pensons bien sûr à ‘l’homme de miséricorde’ qu’était le père Hamel». Dans son homélie, Mgr Dominique Lebrun s’interroge sur l’accueil fait au témoignage de «ces ancêtres qui sont bel et bien devenus, sans qu’ils l’aient cherché le moins du monde, des ‘personnages glorieux’». Il évoque un homme qui cherchait à transmettre ce qu’il avait reçu par son ministère de prêtre et ses plus de 500 homélies «courtes, soignées qui expliquaient simplement l’Evangile », aujourd’hui au cœur de son procès en béatification, mais également par son exemple : celui «d’un serviteur fidèle et discret au milieu de sa famille, de sa paroisse et de sa ville».

L’héritage de son témoignage

Mgr Lebrun met en garde contre la «forte tentation»  de vouloir réinventer la vie, en oubliant de recevoir ce que les générations nous lèguent. Elle peut toucher chacun, mais guette également «une société qui prétend être meilleure que ses devancières».

Cette crainte, Mgr Lebrun la réaffirme après la messe lors d’une cérémonie républicaine sur le parvis de l’Eglise, non loin de la stèle érigée l’an dernier en mémoire du père Hamel. Devant Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, devant la préfète de Seine-Maritime, Fabienne Buccio, mais également en présence d’élus, l’archevêque de Rouen se demande : «Ensemble, que disons-nous aux plus jeunes sur la vie et la mort, sur le début de la vie et la fin de la vie ? Que disons-nous aux violents, à ceux qui sont entrés dans des spirales du fanatisme, de l’argent ou de la drogue, de la vie manipulable ?»

Combattre le mal par les armes de l’amour

Il y a deux ans, en voyant ses meurtriers, Jacques Hamel s’écriait : «Va-t-en Satan !». Il a appelé le mal par son nom. Or «le mal n’est pas vaincu en fermant les yeux». Mgr Lebrun souligne combien on y collabore souvent par le silence.

Que souhaite-t-on pour l’avenir ? «Notre pays veut-il simplement promouvoir des libertés individuelles jamais assouvies et sans repères ou bien voudra-t-il donner une direction à ces libertés, une supériorité à des valeurs communes, à l’égalité, à la solidarité, à la fraternité ? En fait la société s’honore quand elle prend les plus petits comme points de repères, les plus pauvres comme ceux qui doivent être les premiers. Nos lois de bioéthiques chercheront-elles à défendre le plus fragile ou bien à assouvir des désirs personnels ?»

L’archevêque de Rouen a appelé à chercher au fond de soi le meilleur de son humanité pour lutter contre toute forme de mal en choisissant l’amour dont, dit-il, le plus beau nom est celui de pardon.

Pardonner aux sanguinaires

Se référant aux personnes radicalisées «aux projets sanguinaires», Mgr Lebrun appelle à «élargir son cœur en leur direction», notamment quand elles sortiront de prison. Nous savons bien, rappelle-t-il, que les seules réactions de peur de l’autre et de rejet ne construisent pas une paix durable.

Plus tôt, à la fin de son homélie, il invitait les fidèles à se blottir dans l’amour paternel de Dieu, comme Jacques Hamel le faisait chaque matin. «Goûtons à sa puissance qui est sa tendresse. Ainsi, le bonheur sera, et sera durable. Goûtons à l’esprit de famille ; des disputes sont possibles ; les réconciliations le sont aussi et même indispensables. Si nous le pouvons et le voulons, goûtons à l’esprit de la famille de Dieu. Il est sans limite et notre monde en a tant besoin».

Saint-Etienne-du-Rouvray, déjà un lieu de pèlerinage

Avant même que le procès en béatification du père Jacques Hamel ne soit achevé, l’église Saint-Etienne du Rouvray semble être devenu un lieu de pèlerinage. A l’issue de la messe, l’archevêque de Rouen annoncé que 20 groupes se rendront d’ici octobre dans la paroisse normande. «Des visiteurs anonymes font un détour. D’autres s’intitulent déjà pèlerins», a affirmé Mgr Lebrun pour qui «le père Jaques est plus vivant que jamais !»

26 juillet 2018, 19:02