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L'élection présidentielle camerounaise aura lieu le 7 octobre 2018. L'élection présidentielle camerounaise aura lieu le 7 octobre 2018.  (AFP or licensors)

Présidentielle au Cameroun: «Il y a urgence à pacifier le pays», affirme un évêque

Selon le décret du président Paul Biya publié le 9 juillet, l’élection présidentielle camerounaise aura lieu le dimanche 7 octobre prochain. Pour Mgr Faustin Ambassa Ndjodo, archevêque de Garoua au nord du pays, il y a urgence à traduire par les urnes le vœu de paix exprimé par les populations.

Propos recueillis par Delphine Allaire – Cité du Vatican

C’est un sentiment de désolation qui habite les Camerounais du diocèse de Garoua, capitale du Nord-Cameroun, confie Mgr Faustin Ambassa Ndjodo, à la tête de ce diocèse d’1,3 millions d’habitants. Des lamentations nourries d’inquiétudes, à la fois dues aux incursions des djihadistes de Boko Haram qui sévissent dans l’extrême-nord du pays, «même si celles-ci sont en diminution», précise-t-il, mais aussi à la «crise anglophone» devenu conflit armé depuis la fin de l’année 2017, dans les deux régions de l’ouest du pays.   

«Fixer une élection est déjà un grand pas»

À l’annonce d’un scrutin présidentiel le 7 octobre prochain, Mgr Ndjodo se réjouit avec prudence: «Le premier enjeu, c’est que l’élection ait lieu sereinement partout dans le pays, car il y a urgence à le pacifier. Tout le monde doit pouvoir exprimer ce vœu de paix par les urnes», assure-t-il, espérant voir bientôt «un Cameroun réuni, riche de ses diversités géographiques, linguistiques, culturelles et religieuses». Le simple cadre d’une élection présidentielle imminente -qui pourrait voir l’actuel président Paul Biya se représenter pour la sixième fois consécutive-, redonne donc un soupçon d’espoir dans les rangs de l’Église, prête à porter «une voix de paix aux côtés des autres leaders religieux», assure l’archevêque de 54 ans. 

Le climat d’une guerre civile

Dans les zones anglophones, les combats quasi-quotidiens entre forces de sécurité camerounaises et les hommes armés se réclamant de «forces de restauration» d’un État anglophone ont, eux, encore fait un mort, le 8 juillet dernier.

Selon le centre International Crisis Group (ICG), «au moins 120» civils et « au moins 43 » membres des forces de sécurité ont été tués depuis fin 2016. De violents affrontements au mois de mai avaient, eux, fait 27 morts, incitant aussi les évêques à lancer «un cri de détresse» et une neuvaine de prière pour la paix. L’épiscopat avait alors publié une lettre déplorant «la guerre civile inutile et sans fondement» qui mine le pays. «Cessons toutes les formes de violences et arrêtons de nous entretuer; nous sommes frères sœurs, reprenons le chemin du dialogue, de la justice, de la réconciliation et de la paix», avaient plaidé les évêques.

10 juillet 2018, 14:53