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Conférence de presse de deux évêques chiliens le 14 mai 2018 à Rome. Conférence de presse de deux évêques chiliens le 14 mai 2018 à Rome.  (AFP or licensors)

Les évêques du Chili partagent leur douleur et leur honte

À la veille de leur rencontre avec le Pape sur la question des abus sexuels, les évêques du Chili ont rappelé que la demande de pardon doit être réellement réparatrice.

C’est aujourd’hui, ce mardi 15 mai, qu'a débuté la rencontre du Pape François avec les évêques du Chili au sujet des abus commis par le clergé dans ce pays latino-américain visité par le Pape en janvier dernier. Les entretiens, auxquels participent 31 évêques diocésains et auxiliaires et trois évêques émérites, se déroulent dans la salle adjacente à la Salle Paul VI jusqu’au jeudi 17 mai.

Dans un communiqué publié ce mardi en fin de journée, la Salle de Presse du Saint-Siège précise qu'aujourd'hui à 16h le Pape s'est réuni avec ces 34 évêques chiliens dans l'auletta de la Salle Paul VI. Une rencontre ultérieure aura lieu dans l'après-midi du mercredi 16 mai, et deux autres rencontres dans la journée du jeudi 17 mai. Ce soir, le Pape a remis à chacun des évêques un texte avec des thèmes sur lesquels méditer. À partir de ce moment et jusqu'à la prochaine réunion s'ouvre un temps dédié exclusivement à la méditation et à la prière.

Conférence de presse de deux évêques chiliens

Hier, à la veille de cette rencontre, deux évêques chiliens avaient tenu une conférence de presse au Palazzo Pio : Mgr Fernando Ramos, évêque auxiliaire de Santiago et secrétaire général de la conférence épiscopale du Chili, et Mgr Juan Ignacio Gonzalez, évêque de San Bernardo.

Une convocation liée à la lettre du Pape

Mgr Ramos, en évoquant la lettre du 8 avril dernier dans laquelle le Pape avait convoqué les évêques, a rappelé que le Saint-Père avait insisté sur deux aspects précis. «D’abord nous sommes venus à Rome pour recevoir les conclusions du rapport de Mgr Scicluna sur sa visite au Chili, et aussi pour faire un discernement afin de trouver des mesures à bref, moyen et long terme pour relancer la communion et la justice. Ceux-ci étaient les deux grands thèmes auxquels le Pape nous a invité avec sa lettre.»

Un discernement sur la responsabilité de tous et de chacun

«Le cadre de ces rencontres va se référer à des questions d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et d’abus sexuels qui se sont produits lors des dernières décennies dans l’Église chilienne, ainsi qu’aux mécanismes qui ont amené dans certains cas à l’occultation et à des graves omissions dans le rapport aux victimes, a expliqué Mgr Ramos. Un deuxième point est celui de partager les conclusions que le Saint-Père a tiré du rapport de Mgr Scicluna. Et le troisième point est l’invitation du Pape à faire un long processus synodal de discernement pour voir les responsabilités de tous et de chacun dans ces blessures terribles que sont les abus, et de chercher les changements nécessaires de façon à ce qu’ils ne se répètent plus.»

Douleur et honte

Mgr Ramos a affirmé la position des évêques chiliens : «Notre attitude est en premier lieu la douleur et la honte. La douleur, parce que malheureusement il y a des victimes : il y a des personnes qui sont victimes d’abus et ceci nous cause une profonde douleur. Et de la honte, parce que ces abus ont eu lieu dans des environnements ecclésiaux qui sont justement ceux dans lesquels ce type d’abus ne devrait jamais avoir lieu.»

Pardon et réparation

Mgr Ramos a ensuite ajouté avec force : «Nous devons demander pardon 70 fois 7 fois. Je crois que c’est un impératif moral très grand pour nous. L’important est que le demande de pardon soit réellement réparatrice». L’évêque a conclu : «En toute humilité, nous écouterons ce que le Pape nous dira», en rappelant que cette rencontre est «un moment très important» pour le renouvellement de l’Église chilienne.

Le Pape François, un exemple pour les évêques chiliens

Pour sa part, Mgr Gonzalez a dit que les évêques chiliens voient le Pape François comme un exemple pour avoir admis des erreurs, demandé pardon et rencontré les victimes. Le point central, a-t-il rappelé, ce sont les victimes, et l’Église au Chili doit donc faire œuvre de réparation, avec humilité et espérance, en suivant l’enseignement de Jésus.

Rétablir la confiance dans l’Église

En présentant la rencontre avec les évêques chiliens, la Salle de Presse du Saint-Siège avait expliqué dans un communiqué daté du 12 mai qu’il est «fondamental de rétablir la confiance dans l’Église à travers des bons pasteurs qui témoignent avec leur vie d’avoir connu la voix du Bon Pasteur, et qui sachent accompagner la souffrance des victimes et travailler d’une façon déterminée et infatigable dans la prévention des abus. Le Saint-Père remercie la disponibilité de ses frères évêques de se mettre à l’écoute docile et humble de l’Esprit Saint, et il demande au Peuple de Dieu au Chili de continuer dans un état de prière afin qu’il y ait la conversion de tous». Le communiqué concluait en expliquant la discrétion du Pape : «Il n’est pas prévu que le Pape François fasse une déclaration ni durant ni après les rencontres, qui se dérouleront dans une confidentialité absolue.»

15 mai 2018, 11:02