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Vatican News
Une barricade dressée dans la ville de Masaya, le 21 mai 2018. Une barricade dressée dans la ville de Masaya, le 21 mai 2018.   (AFP or licensors)

L'Église catholique menacée au Nicaragua ?

Depuis le 18 avril, le petit pays d'Amérique centrale est secoué par des manifestations contre le pouvoir. L'Église catholique, érigée en médiatrice entre le pouvoir et l'opposition, dénonce les menaces dont elle est victime.

Médiatrice de la crise qui secoue le Nicaragua, l’Église catholique du pays d’Amérique centrale dénonce les menaces de mort et le discrédit contre les évêques et les prêtres. Dans un communiqué, la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN) alerte sur la situation des hommes d’Église, notamment celle de Mgr Silvio José Baez, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Managa.  

«En tant que médiateurs et témoins dans le dialogue national, nous sommes appelés à proposer et promouvoir tous les moyens possibles pour réaliser la démocratisation souhaitée du pays et, par conséquent, il est de notre devoir sacré de prononcer la vraie parole qui nous libère», écrivent les évêques.

Selon la CEN, les menaces et la campagne contre l’Église catholique prennent différentes formes: attaques gouvernementales orchestrées par des journalistes et des médias officiels, mais aussi comptes anonymes sur les réseaux sociaux. Ce mardi, pendant les pauses du dialogue national, Mgr Báez n'a pas confirmé ou nié les menaces de mort contre lui, cependant il a affirmé que «les évêques jouent littéralement nos vies dans ce dialogue».

Pas de renoncement des évêques

« Nous ne renoncerons pas à accompagner tout le peuple nicaraguayen à cette heure décisive. Le bleu et le blanc de notre drapeau sont descendus dans la rue pour revendiquer leurs justes droits», indiquent les évêques

Le pays vit toujours au rythme des manifestations. Elles ont été lancées le 18 avril par des étudiants qui protestaient contre une réforme des retraites conduisant à une hausse des cotisations et une baisse des pensions. Si le projet a depuis été abandonné, la brutalité des forces de l'ordre, condamnée par la communauté internationale, a rapidement incité de nombreux autres habitants à rejoindre le mouvement: ils dénoncent plus généralement la confiscation du pouvoir par le président Ortega, ancien guérillero de 72 ans, à la tête du Nicaragua de 1979 à 1990 puis depuis 2007. Au moins 63 personnes ont été tuées et quelque 500 blessées lors de cette vague de contestation à travers le pays, selon le dernier bilan des ONG.

23 mai 2018, 16:16