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Les protestations contre le président Ortega se poursuivent à Managua, capitale du Nicaragua, le 25 avril 2018. Les protestations contre le président Ortega se poursuivent à Managua, capitale du Nicaragua, le 25 avril 2018.  (AFP or licensors)

Au Nicaragua, les évêques médiateurs de la crise sociale

Les évêques du Nicaragua ont accepté le 24 avril d'être «des médiateurs et des témoins du dialogue» dans la crise sociale qui oppose les nicaraguayens au président Daniel Ortega depuis sa décision de réformer le système des retraites.

Delphine Allaire (avec EFE) – Cité du Vatican

Après les manifestations de la semaine dernière dont la répression sanglante avait déjà fait 10 morts, le président Ortega au pouvoir depuis onze ans, avait baissé la garde, et accepté d’abandonner sa réforme des retraites très controversée. Elle prévoyait une augmentation des cotisations retraite ainsi qu’une baisse concomitante de celles-ci à hauteur de 5%. 

Cependant après cette capitulation présidentielle, les manifestations, les plus importantes depuis dix ans dans le pays, se sont intensifiées. À ce jour, les ONG locales comptabilisent au moins 30 morts et 428 blessés dans les protestations.

Éviter les violences, principal souci de la médiation épiscopale

Dans un tel contexte, les évêques du Nicaragua avaient appelé à «la réconciliation» et à «rechercher à tout prix la paix et la sagesse» durant le week-end du 21 avril. Deux jours plus tard, le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua (la capitale du pays), faisait donc savoir que l’épiscopat acceptait de servir de «médiateur et témoin» du dialogue entre le pouvoir et la société civile, en insistant pour que le gouvernement « évite tout acte de violence ».

Manifestation samedi pour montrer la foi et l’amour du Nicaragua

L’évêque auxiliaire de Managua, Mgr Silvio Báez, très visible et influent, notamment sur les réseaux sociaux, a lui appelé sur son compte Twitter à participer samedi 28 avril à une manifestation pour que les Nicaraguayens «montrent leur foi et leur amour du Nicaragua». Le point de rencontre de ce nouveau rendez-vous sera la cathédrale de Managua, qui avait déjà servi de refuge aux manifestants lors du premier jour des manifestations, mercredi 18 avril dernier. Désormais, «le chemin est ouvert pour construire de façon pacifique et civique un nouveau pays», a assuré l’évêque auxiliaire.

Depuis la réélection du président Ortega pour la quatrième fois consécutive en novembre 2016, la situation politique ne cesse de se dégrader dans ce pays d’Amérique latine, coincé entre le Honduras et le Costa Rica.

26 avril 2018, 13:33