Cerca

Vatican News
Marche des catholiques de la paroisse de Saint-François de Sales, à l'issue de la messe ce dimanche 25 févrierO Marche des catholiques de la paroisse de Saint-François de Sales, à l'issue de la messe ce dimanche 25 février  (AFP or licensors)

RDC: nouvelle répression des marches catholiques

En République démocratique du Congo, ce dimanche 25 février, le Comité Laïc de Coordination appelait de nouveau à marcher pacifiquement dans le pays contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. Comme lors des deux mouvements précédents, ces marches ont été dispersées par la force.

Marie Duhamel avec AFP – Cité du Vatican

Les forces de l’ordre ont réprimé de nouvelles marches organisées à l’appel du Comité Laïc de coordination, un collectif proche de l’Église qui souhaite que le président Kabila déclare publiquement qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections, prévues le 23 décembre 2018.

Malgré une affluence relative, les manifestants se sont montrés déterminés à marcher pacifiquement à l’issue de la messe dans plusieurs paroisses de Kinshasa. Dans la capitale, la police avait promis de «faire zéro mort» lors de ces marches interdites par les autorités. Elle se réjouit ce dimanche soir, ce que contredit un bilan fait par le porte-parole de la Cenco, la conférence épiscopale congolaise. L’Abbé Donatien Nshole confirme la mort d’un jeune paroissien du mouvement "collectif 2016". Rossy Mukendi Tshimanga a reçu une balle à la poitrine, tirée à bout portant dans l’enceinte de la paroisse Saint-Benoît, rapporte le frère de la victime.

À Saint-François de Sales, dans le centre de la capitale, des policiers cagoulés étaient postés dans la rue face à l’église. Après la messe, des militaires ont fait usage de tirs de sommations pour disperser la foule.

Un mort, 22 blessés

À Kinshasa, les SMS et le réseau Whatsapp étaient suspendus, tandis qu’internet était coupé dans tout le pays. En RDC, des marches ont été suivies puis étouffées par les forces de sécurité, à Kikwit dans le sud-ouest, à Goma à l’est. A Bukavu, toute tentative de rassemblement a été dispersée par du gaz lacrymogène. À Kisangani, les forces de sécurité auraient tiré à balles réelles pour dissuader les plus audacieux.

Dans l’ensemble du pays, vingt-deux personnes ont été blessées dont 13 policiers. Huit personnes ont été arrêtées, selon un bilan donné à la télévision publique ce dimanche soir. En fin de journée, des journalistes de l’AFP ont vu le Premier ministre congolais Bruno Tshibala distribuer des billets de 100 dollars à des habitants de la capitale dont il a visité plusieurs quartiers.

Les précédentes marches à l’appel du CLC avaient été réprimées dans le sang, poussant l’archevêque de Kinshasa à parler de «barbarie», et à appeler les «médiocres» à «dégager». Cette semaine, les évêques congolais ont également publié un communiqué à l’issue d’une Assemblée plénière extraordinaire, déclarant qu’ils n'abandonneront jamais leur engagement «pour l'avènement d'un État de droit» en RDC.

Reportage à Kinshasa de notre correspondant Pascal Mulegwa
25 février 2018, 19:54