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Le directeur général de la municipalité, Amnon Merhav, a chiffré la dette des églises à 150 millions d’euros. Le directeur général de la municipalité, Amnon Merhav, a chiffré la dette des églises à 150 millions d’euros.  (ANSA)

Jérusalem: la municipalité veut taxer les Églises

Pour les responsables religieux, cette décision est «contraire à la position historique entre les églises présentes dans la ville sainte de Jérusalem et les autorités civiles à travers les siècles».

Marine Henriot - Cité du Vatican

C’est une situation inédite à laquelle se retrouvent confrontées les Églises de Jérusalem. La municipalité a annoncé son intention de leur faire payer des impôts sur une vaste partie de leurs biens immobiliers. Jusqu’à aujourd’hui, et ce depuis près de 800 ans, les lieux de cultes étaient exemptés de taxes foncières.

Coût financier pour la Ville Sainte

Le directeur général de la municipalité, Amnon Merhav, a chiffré la dette des Églises pour 887 propriétés à 657 millions de shekels (soit 150 millions d’euros). La municipalité a précisé cependant que les lieux de cultes restent exonérés de la taxe foncière municipale, ce sont leur activités non religieuses qui devraient être taxées.

«Les dégâts financiers infligés à Jérusalem au cours des années en raison de la position de l'État sont proches de 1 milliard de shekels (300 millions de dollars). Il est inconcevable que les habitants de Jérusalem doivent financer des services municipaux pour les Églises et l'ONU, tels que la collecte des déchets, l'éclairage public, le jardinage et la construction de routes», déclaraient les autorités de la ville au quotidien israélien Israel Hayom le 4 février dernier.

Front uni des chrétiens de Jérusalem

À Jérusalem, le monde chrétien s’indigne contre cette nouvelle taxe qui va peser sur le budget des Églises. Le 14 février, les patriaches et les responsables des paroisses de la ville ont publié un communiqué commun, déclarant que cette décision était «contraire à la position historique entre les Églises présentes dans la Ville Sainte de Jérusalem et les autorités civiles à travers les siècles».

Pour les responsables religieux, ces taxes entraveront les contributions des Églises «qui investissent des milliards dans la construction d’écoles, d’hôpitaux et de maisons pour les personnes âgées et défavorisées» et risquent de nuire au statut même de Jérusalem en tant que ville sainte. C'est ce que nous explique Frère David Grenier, secrétaire de la custodie de Terre Sainte.

Entretien avec David Grenier
16 février 2018, 17:29