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Vatican News
Les habitants de Dapchi au Nigeria où règne la stupeur après l'enlèvement par Boko Haram d'une centaine de jeunes filles, le 19 février 2018. Les habitants de Dapchi au Nigeria où règne la stupeur après l'enlèvement par Boko Haram d'une centaine de jeunes filles, le 19 février 2018.  (AFP or licensors)

Le Nigeria meurtri par le terrorisme, les évêques du pays haussent le ton

Au Nigeria, la conférence épiscopale en réunion plénière du 17 au 23 février, a rendu ses conclusions sur divers thèmes. Dans un contexte de violences qui émaillent le pays, la protection de la vie humaine, «inviolable et sacrée», ainsi que le processus électoral dominaient les discussions.

La vague d'assassinats politiques, le meurtre à des fins rituelles ou les meurtres en masse fréquent de citoyens inoffensifs, innocents et sans défense sont des exemples graves de préoccupations et d’inquiétudes pour les évêques de ce pays le plus peuplé d’Afrique.

La vie humaine est inviolable

Au 23 février, des dizaines de jeunes filles manquent encore à l’appel dans le pays après l’attaque d’une école par le groupe terroriste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, le 19 février.

Dans un contexte aussi sensible, l’épiscopat a souhaité rappelé le caractère sacré et l’inviolabilité de la vie humaine. «Aucune personne, autorité ou institution n'a le droit de mettre fin à la vie humaine», ont-ils écrit dans un communiqué paru le 23 février, au terme de leur assemblée plénière.

Le rôle des autorités

L’objectif des évêques du pays: mettre fin au flot de sang innocent qui mine le pays, notamment depuis 2009 et la conduite d’insurrections meurtrières par Boko Haram – dont le nom signifie «l’éducation occidentale est un péché». Des insurrections qui ont fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés.

L’épiscopat nigérian présidé par Mgr Ignatius Ayau Kaigama prône ainsi une collaboration plus étroite entre le gouvernement, les agences de sécurité et l'ensemble de la population.

Défendre la culture de la vie

Le projet de loi en cours dans le pays sur le genre a également suscité la condamnation des évêques.  

 «Nous appelons les jeunes à être responsables et à résister à toute tentative visant à les attirer dans l'idolâtrie du plaisir sexuel, à réaliser des avortements, à abuser de drogues et autres vices de ce genre», ont-ils affirmé, rappelant l’imminence des célébrations du jubilé d'or de l'Encyclique Humanae Vitae du Pape Paul VI.  

En tant que gardiens de la foi et de la morale catholiques, les évêques ont ensuite exhorté tous les praticiens de la santé et les soignants à être pro-vie et pro-famille dans leur conduite, évitant toute activité qui pourraient diminuer la valeur de la vie humaine.

Les enjeux de l’élection présidentielle de 2019

À l’approche des élections générales qui se tiendront le 16 février 2019 dans le pays, l’épiscopat a aussi tenu à alerter sur les malversations électorales dans l’enregistrement des électeurs.

«Le déroulé libre et équitable des élections ne dépendent pas seulement de ce qui se passe le matin des élections mais de tout le processus avant, pendant et après le vote», ont-ils mis en garde, appelant le gouvernement du président Muhammadu Buhari et la Commission électorale indépendante (CENI) à la vigilance envers ces manquements.

Depuis son indépendance de la Grande-Bretagne gagnée en 1960, le Nigeria vivra sa neuvième élection présidentielle.

23 février 2018, 13:01