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La région de Trujillo est marquée par les migrations des pays voisins, l’Équateur en particulier et plus récemment du Venezuela ou de Haïti. La région de Trujillo est marquée par les migrations des pays voisins, l’Équateur en particulier et plus récemment du Venezuela ou de Haïti.   (AFP or licensors)

À Trujillo, le nord du Pérou attend le Pape François

C’est vers la partie septentrionale du Pérou que le Pape François se dirige ce samedi 20 janvier, au deuxième jour de son voyage apostolique dans le pays.

Olivier Bonnel - Trujillo, Pérou

Posée au bord de l’océan Pacifique, Trujillo est la troisième ville du pays, et compte près de 800 000 habitants. Son élégant centre-ville alterne façades de l’époque coloniale et murs aux couleurs vives. Sa cathédrale, de couleur ocre et blanche, domine la majestueuse place de Las Armas.

Trujillo est surnommée la «ville du printemps éternel», en raison de ces températures douces. Ses plages, au nord de la ville, font la joie des surfeurs. Mais depuis quelques années ce «printemps» est trompeur. La ville est en effet l’une des plus frappées par le phénomène «El Niño»: le courant côtier se réchauffe, provoque de la condensation, et des précipitations diluviennes.

Trujillo avait déjà été ravagé en 1925 et en 1957. Mais l’an dernier, les rivières en crue et les glissements de terrain ont dévasté plusieurs quartiers de la ville. En mars 2017, des dizaines de personnes sont mortes, emportées par les eaux qui ont raviné de la montagne voisine.

C’est dans le quartier qui porte le nom de sa ville natale «Buenos-Aires», que le Pape va se rendre, après avoir célébré la messe sur la plage de Huanchaco. Ce quartier, l’un des plus pauvres de la ville, porte encore les stigmates de ces inondations meurtrières. L’attente du Souverain pontife est forte, les rues ont été goudronnées, les trottoirs repeints, et des banderoles y affichent des formules de bienvenue.

Une foi vive et populaire

Cette deuxième étape au Pérou est aussi une étape pour tout le nord de ce grand pays, presque trois fois plus grand que la France. La région de Trujillo est marquée par les migrations des pays voisins, l’Équateur en particulier, et plus récemment du Venezuela ou de Haïti. Ici, la population est très catholique. Dans le sud de la ville, l’avenue Jean-Paul II n’est pas loin de la rue Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Trujillo sera aussi le temps d’une veillée mariale présidée par le Souverain pontife ce samedi après-midi, puisque de nombreuses statues de Vierges, mais aussi d’autres saints locaux seront exposés à la vénération des fidèles.

C’est déjà le cas depuis lundi dernier pour la «Virgen de la Puerta». Cette statue de la Vierge vient du sanctuaire d’Otuzco, un village de montagne situé à 75 kilomètres de Trujillo. Le 15 janvier, elle a été transportée en procession jusqu’à la cathédrale de la ville, accompagnée de milliers de personnes chantant et dansant, d’orchestres multicolores, en particulier «los negritos d’Otuzco», ces anciens travailleurs pauvres descendant d’esclaves d’Afrique, qui portaient une grande vénération pour la Vierge dont ils estiment qu’elle les a affranchis de leur servitude.

La «Mamità» comme l’appellent affectueusement les habitants de Trujillo et des environs, sera couronnée par le Pape, comme un hommage à cette piété populaire si vive au Pérou, et dont François ne cesse de vanter les richesses et son apport à la vie de l’Église locale. 

20 janvier 2018, 09:49