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Manifestation de Dalits à Bombay, le 3 janvier 2018. Manifestation de Dalits à Bombay, le 3 janvier 2018.  (AFP or licensors)

L'Église d'Inde veut préserver le pluralisme religieux

Les évêques s'inquiètent de l'harmonie de la société indienne, alors que les exactions des nationalistes hindous touchent notamment les chrétiens et les Dalits.

Marie Duhamel - Cité du Vatican

Les évêques réagissent face aux tensions qui agitent la société indienne. Lundi, des Dalits, membres de la caste la moins considérée du pays, ont bloqué la capitale économique du pays, Bombay ce mercredi, pour protester contre des violences de nationalistes hindous à leur encontre lundi, alors qu’ils commémoraient pacifiquement une bataille du XIXème siècle.

Chaque année des milliers de Dalits convergent vers un village près de Pune dans l’État du Maharastra, pour commémorer une bataille qu’ils remportèrent aux côtés des Britanniques sur les Pechwas, une caste supérieure, tout un symbole… Mais cette année, à l’improviste, des groupes de nationalistes hindous,  reconnaissables à la couleur safran de leurs bannières, se sont jetés sur eux.

L'épiscopat souhaite la garantie du pluralisme religieux

Il s'agit d'un signal inquiétant pour les évêques. Lundi, un jeune homme est mort, et les affrontements se sont propagés jusqu’à la capitale économique du pays où 100 personnes ont été arrêtées. Officiellement, les discriminations sont abolies mais les Dalits ne profitent pas «du développement pour tous» promis par le Premier ministre, Narendra Modi. Les évêques dans leur message pour 2018, remercient toutefois le chef du gouvernement pour son «désir de travailler pour tous», pour avoir assuré aussi la protection des lieux de culte lors des célébrations de Noël.

Les évêques souhaitent que 2018 «puisse être une année de paix et d'harmonie, d'amour et de fraternité, de développement inclusif et intégral de tous les peuples». «Nous prions pour notre bien-aimé pays, pour nos responsables politiques et spirituels, et pour tout Indien», écrivent-ils, mais sans cacher leurs inquiétudes. Certains responsables politiques parlent des minorités comme de dangers pour le pays, sans être réfuté, et une partie de la population se montre sensible à ce discours d'exclusion : le 30 décembre dernier, des nationalistes hindous ont pénétré sous les yeux de policiers inertes dans un institut catholique du Madhya Pradesh. «Un type de terrorisme inacceptable. Ce faux nationalisme doit s’arrêter», exhortent les évêques, qui craignent pour l’harmonie sociale du pays.

(Avec Fides)

04 janvier 2018, 15:16