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Vatican News
Des participants à la Marche pour la Vie de Paris, le 21 janvier 2018. Des participants à la Marche pour la Vie de Paris, le 21 janvier 2018.  (AFP or licensors)

En France, les évêques recadrent le MRJC sur l'avortement

Les évêques du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles (CMAF) ont fait savoir dans un communiqué paru le 30 janvier que tout mouvement d’Église se devait de «diffuser une parole conforme au magistère» qui prône «une culture de la vie». Ce communiqué vient corriger le soutien apporté par le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) au droit fondamental des femmes à recourir à l’IVG, deux jours avant la «Marche pour la Vie» en France.

Delphine Allaire – Cité du Vatican 

«Lorsqu’elle est canoniquement reconnue comme mouvement d’Église, une association de fidèles a véritablement la confiance de l’Église catholique pour porter et diffuser une parole conforme au magistère et fidèle à l’Évangile». Par ce rappel, les évêques du CMAF - présidé par Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard -, ont tenu à clarifier la cacophonie engendrée par les propos du MRJC, le 19 janvier dernier, ainsi que par les virulentes réactions qu’ils ont suscité.

Quels sont les faits ?

Le MRJC, mouvement d’église fondé en 1963, héritier de la Jeunesse agricole catholique (JAC) créée en 1929, plutôt classé à gauche et animé par des idéaux de justice sociale et d’égalité, a suscité une controverse dans l’Hexagone depuis les propos tenus sur les réseaux sociaux, à l’égard de la «Marche pour la Vie» qui se déroulait à Paris, le 21 janvier.

Le MRJC dénonçait «les messages de culpabilisation, d’intolérance et de haine portés lors de cette marche», et affirmait défendre «le droit fondamental pour les femmes et les couples d’avoir recours à l’IVG.» Une prise de position qui n’est pas passée inaperçue.

Développement humain intégral et culture de vie

Le collectif de huit évêques, signataires du communiqué de ce jour, a rappelé au MRJC «sa force de proposition» en matière de développement humain intégral, mais qu’il faut relier avec «l’enracinement dans une culture de la vie» de ce même développement humain. 

«La conférence des évêques a interpellé le MRJC, car si l’Église entend la souffrance des personnes qui affrontent la perspective d’une naissance difficile, elle ne peut considérer l’avortement comme une réponse appropriée», ont soutenu les évêques signataires, rappelant que le devoir d’un mouvement d’Église face à de telles problématiques consistait à «accompagner les personnes», tout en ne divergeant pas de «l’intangible principe de la dignité de la personne humaine». Un principe «à comprendre non seulement entre la naissance et la mort, mais depuis sa conception jusqu’à la mort naturelle», ont-ils rappelé, selon la tradition de l’Église catholique.

Les responsables du MRJC, leur aumônier, et les évêques du CMAF se sont rencontrés au préalable ce 30 janvier afin de clarifier la situation et de se remettre d’accord sur «le pacte de confiance qui oblige un mouvement d’Église».

30 janvier 2018, 16:39