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Rebecca Salimata Toh : « ‘The Economy of Francesco’ répond aux valeurs des jeunes comme nous »

Ingénieure en qualité, en hygiène, en sécurité et en environnement, Mme Rebecca Salimata Toh est une jeune entrepreneuse dans le domaine de l’environnement. Elle est parmi les participants à l'événement «The Economy of Francesco» qui se tient en visioconférence, du jeudi 19 au samedi 21 novembre 2020.

Jean-Pierre Bodjoko, SJ* - Cité du Vatican

Initié par le Pape François, l’événement « The Economy of Francesco » est un mouvement mondial de jeunes qui visent à changer les modèles économiques actuels, et à construire un avenir plus inclusif et plus juste. Entretien.

Du 19 au 21 novembre se tient la conférence « L’économie de François (The Economy of Francesco) » et vous figurez parmi les invités à cet évènement. Comment avez-vous accueilli l’invitation à y participer ?

J’ai bien accueilli cette invitation, parce que je fais partie d’une communauté catholique qu’on appelle « Sant’Egidio » et c’est à travers cette communauté, en Côte d’Ivoire, que j’ai eu l’information au sujet de l’organisation de cet évènement. J’étais très heureuse d’apprendre la tenue d’une conférence de ce type. Je me suis inscrite par la suite, car la conférence répond aux valeurs des jeunes catholiques comme nous qui voulons changer le monde et notre environnement immédiat.

Quelle pourrait être votre contribution à cet évènement ? 

Je souhaiterais apporter mon expérience de terrain, parce que, en plus d’être jeune catholique, je suis également jeune entrepreneure dans le secteur de l’environnement. J’ai mis en place un projet qui lutte contre le réchauffement climatique, la déforestation et la pollution plastique. Je vais participer à cette conférence pour partager mon expérience, les difficultés que je rencontre et aussi le bonheur que je reçois autour de moi depuis que j’ai entamé ce projet environnemental et entrepreneurial.

A ce sujet, bous êtes la fondatrice de la startup dénommée « Agri Banana ». Qu’est ce qui vous a motivée à créer cette startup ?

Ma startup consiste à mettre en place des sacs d’emballage papier digital, 100% biodégradable et recyclable. La particularité est que ces sacs d’emballage sont issus de la consommation du tronc du bananier. Dans mon pays, la Côte d’Ivoire, le tronc du bananier est un déchet agricole. On a remarqué que dans nos marchés, on retrouve des sacs d’emballage en papier, mais qui sont issus de l’abattage du bois. Or, nous souhaitons lutter contre la déforestation. C’est pour cela que nous avons mis en place cette initiative, qui permet de ne pas abattre les arbres, mais plutôt de valoriser ce déchet végétal qui est le tronc du bananier et de le transformer en sac d’emballage biodégradable et recyclable. Ce projet est surtout né suite au fait que, dans mon pays, depuis 2013, il est formellement interdit d’utiliser les sachets en plastique. En tant que jeunes entrepreneurs et jeunes environnementalistes, nous avons constaté que cette interdiction n’est pas respectée, parce que la population n’a pas d’autres alternatives au sachet plastique. Nous avons ainsi cherché le moyen de donner la possibilité à la population d’avoir d’autres alternatives plus écologiques. Et c’est ainsi que nous avons eu l’idée de transformer le tronc de bananier en sacs d’emballage biodégradables et recyclables.

Votre projet a deux dimensions : environnementale et économique. Les deux marchent-elles en même temps ?

Les deux marchent en même temps. Au départ, nous avions misé, avant tout, sur l’aspect environnemental. C’est quand on a débuté qu’’on a également pris conscience de l’aspect économique qui a été développé un peu plus tard, parce que nous avons reçu des prix qui nous ont permis de nous rendre compte de l’importance de cet aspect économique. Mais, nous sommes beaucoup plus focalisés sur l’aspect environnemental parce que l’on veut vraiment changer les comportements.

En pratique, avez-vous remarqué un changement ou un impact dans le comportement des gens pour protéger l’environnement ?

Oui, notre activité a un impact, parce que beaucoup de personnes viennent vers nous pour nous dire qu’ils veulent abandonner les sachets en plastique et utiliser nos sacs d’emballage. Cela nous a permis de nous rendre compte que ce que l’on fait a vraiment un impact sur une partie de la population. C’est déjà un grand pas pour nous et cela nous motive à continuer.

Pensez-vous également pouvoir motiver d’autres jeunes à travers le monde à faire comme vous ?

 

Oui, car on souhaite également montrer aux autres jeunes qu’on peut passer de l’idée à la réalité. Au départ, ce projet n’était qu’une idée et notre entourage nous a motivés pour la réaliser. A travers notre participation à l’évènement « L’économie de François » (The Economy of Francesco), on veut montrer aux jeunes que c’est possible de passer de l’idée à la réalité et qu’on n’a pas forcément besoin d’avoir un gros soutien économique pour cela.

A ce sujet, bénéficiez-vous, par exemple, du soutien de votre gouvernement ou d’autres organismes, dans le cadre de votre initiative ? 

Pour l’instant, nous n’avons pas le soutien du gouvernement, mais nous avons le soutien d’organismes tels que le PNUD, avec lequel ont vient de sceller un partenariat. Ils veulent même nous aider techniquement à améliorer notre projet et notre produit.

Un mot de la fin et un conseil à donner concernant l’environnement ?

J’aimerais partager un rêve : que tout le monde prenne conscience que notre environnement est important pour nos parents et pour nous les jeunes qui sommes l’avenir.

*Twitter : @JPBodjoko E-mail : jeanpierre.bodjoko@spc.va

Mme Rebecca Salimata Toh au micro de Jean-Pierre Bodjoko, SJ
18 novembre 2020, 20:15