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Vatican News
2020.04.25 L'arcivescovo Stephen Ameyu, sudan meridionale Archevêque de Juba au Soudan du Sud, Mgr Stephen Ameyu 

Sud-Soudan : « Tout va bien » assure Mgr Stephen Ameyu

Mgr Stephen Ameyu a été installé comme nouvel archevêque de Juba depuis le 22 mars 2020. Un mois après, il augure un avenir pacifique, pétri d’unité et de réconciliation.

Camille Mukoso, SJ (ACI Africa) – Cité du Vatican

Voici déjà un mois après l’installation contestée du nouvel archevêque de Juba au Soudan du Sud, Mgr Stephen Ameyu. Après la vague de protestations pour le moins véhémentes, le prélat sud-soudanais estime que les bourgeons de réconciliation et d’acception naissent déjà, faisant ainsi attendre les fleurs d’une cohabitation pacifique. A l’en croire, son expérience est à ce jour fructueuse parce qu’il a célébré le Jeudi Saint avec tous les prêtres, y compris ceux qui avaient signé des documents pour protester contre son transfert du diocèse de Torit à Juba. 

Entre peur et protestation

Pour la petite histoire, le Pape François avait nommé Mgr Stephen Ameyu comme archevêque de Juba, le 12 décembre 2019. La publication de cette nomination avait été suivie par au moins sept lettres s’érigeant toutes aux antipodes de son installation comme nouvel archevêque de Juba. Les fidèles chrétiens avaient peur de ce que la célébration d’intronisation allait devenir, confie le Père Nicholas Kiri, qui était le responsable du comité d’installation du nouvel archevêque.

La force du pardon

Faisant la relecture de ces éléments, Mgr Ameyu se souvient d’avoir été habité par un mélange de sentiments. Les mots qu’il utilise à ce propos sont assez explicites : « J'avais l'impression d'être justifié parce que toutes les histoires sur moi obscurcissaient mon nom, même si beaucoup de gens qui me connaissent ne m'associaient pas à ces histoires ». Parlant du 22 mars 2020, la date mémorable de son installation, le nouvel archevêque de Juba explique : « J'ai pris la résolution de pardonner aux gens qui m'avaient accusé. Je leur pardonnerai comme le Christ a pardonné à ceux qui l'ont accusé ».

Perspectives d’avenir

Comme perspective d’avenir, Mgr Ameyu envisage un ministère collaboratif, en faisant participer aussi bien les prêtres que les laïcs pour l’aider à administrer l’archidiocèse conformément à son mandat d’ordinaire du lieu.  Il prévoit ainsi constituer une équipe de consulteurs archidiocésains pour la gestion et la prise des grandes décisions dans son archidiocèse. Et pour se réconcilier avec ses ouailles, le prélat pense à une éventuelle rencontre avec d’abord tout le clergé et progressivement avec les fidèles chrétiens lors de ses visites pastorales.

L’unité et la réconciliation comme maîtres-mots de son épiscopat

Signalons que le nouvel archevêque de Juba a publié, le 18 avril 2020, un message de Pâques dans lequel il plaide pour la réconciliation dans son pays. Il fait ainsi remarquer qu’au Soudan du Sud « les familles sont détruites, les communautés ethniques sont désintégrées, les citoyens sont en morceaux. La réconciliation est la seule réponse face à cette fracture ». Ce don de Dieu qui sauve l’humanité, selon ses propres mots, nécessite une « conversion intérieure radicale du cœur ».

24 avril 2020, 18:37