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2019.12.05 Isidoro Bakanja e Anuarite Nengapeta, due beati congolesi. Isidore Bakanja et Anuarite Nengapeta, deux Bienheureux congolais  

Isidore Bakanja et Anuarite Nengapeta, deux Bienheureux congolais

Isidore Bakanja et Anuarite Nengapeta sont les deux Bienheureux de la République démocratique du Congo dont on a fait mémoire lors de la messe célébrée, le dimanche 1er décembre 2019, par le Pape François.

Camille Mukoso, SJ– Cité du Vatican

La messe célébrée par le Pape François le dimanche 1er décembre 2019 en la basilique Saint Pierre, avec la communauté congolaise à Rome, portait en triomphe deux Bienheureux de l’Eglise famille de Dieu en République démocratique du Congo : le Bienheureux Isidore Bakanja et la Bienheureuse Anuarite Nengapeta Marie-Clémentine. Qui sont-ils ?

Bienheureux Isidore Bakanja patron des laïcs congolais

Née en 1885, dans l’ex-province de l’Equateur en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), Isidore Bakanja, un jeune chrétien zaïrois, est devenu depuis 1999 patron des laïcs congolais. Il était un aide-maçon qui côtoyait les missionnaires trappistes de sa localité. C’est grâce à ce contact qu’il sera instruit, puis baptisé le 6 mai 1906.

Appartenance au Christ

Pétri par l’esprit du travail bien fait, Bakanja est employé comme domestique chez un Belge du nom de Reynders qui l’amène successivement dans la ville de Busira et de Ikili, toujours dans sa province natale. Très apprécié pour son sens de responsabilité et la qualité de ses services, Bakanja s’emploie aussi à donner la catéchèse aux catéchumènes qu’il introduit aux bases de la foi chrétienne. Pour témoigner de son appartenance au Christ, il endosse, sans honte ni trouble au visage, son scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel comportant une image et une phrase reliée par un ruban.

Les humiliations pour le Christ 

Van Cauter, le grand-chef belge, commande au jeune dévot de se débarrasser de son scapulaire et n’hésite pas à lui administrer quelques coups de fouet. Malgré la bastonnade, le jeune accepte les persécutions et garde son scapulaire et son chapelet. Cette fidélité exacerbe Monsieur Van Cauter qui, un jour, croisant Bakanja avec son scapulaire, ordonne de le faire passer à tabac à telle enseigne que les os du jeune congolais sont mis à nu. Isidore est ensuite enchainé dans un cachot où il passe quatre jours loin de la lumière du soleil et de la nourriture.

La force du pardon

Monsieur Van Cauter, craignant la visite d’un inspecteur, décide de transférer le supplicié dans un village voisin. Bakanja se laisse alors tomber du camion chargé de le convoyer et sera récupéré par un bon samaritain qui l’accueille chez lui. Le 24 juillet 1909, le catéchiste reçoit la visite des prêtres trappistes qui le confessent, lui administrent l’onction des malades et la communion. Avant de mourir, il leur confie ne pas en vouloir à son bourreau. « Bien sûr qu’au ciel, je prierai pour lui », a-t-il ajouté. Il est mort le 15 août 1909, en la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Le 24 avril 1994 il est béatifié par le pape Jean-Paul II lors du Synode des évêques sur l’Afrique. Sa fête liturgique est célébrée le 12 août.

Bienheureuse Anuarite Nengapeta Marie-Clémentine, Vierge et Martyre

Anuarite Clémentine Nengapeta est née à Wamba en 1939, dans une famille animiste du Zaïre. Avec sa mère, elle reçoit le baptême en 1941. A l’âge de 16 ans, la jeune Nengapeta est brulée du désir de se faire religieuse. Elle demande de son propre chef, d’être admise au couvent malgré l’opposition de sa mère. Les sœurs la refusèrent parce qu’elle était trop jeune à l’époque.

Folle pour le Christ

Mais un jour, au passage d’un camion à la mission pour amener les postulantes au couvent de Bafwabaka, Anuarite profite de l’occasion et se hisse clandestinement dans le camion. Elle entre alors dans la congrégation diocésaine de la Sainte Famille à Bafwabaka dans la province orientale, au Zaïre. C’est après sa profession religieuse, qu’elle prend le nom de sœur Marie-Clémentine.

Ma vie pour le Christ

La sœur Marie-Clémentine se consacra à servir les autres et à leur faire plaisir. Elle avait fait le vœu de ne jamais connaître d’homme et elle voulait le même vœu pour les autres sœurs.  En 1964, alors qu’éclate la rébellion dite « Simba », « les Lions », la sœur Marie-Clémentine est capturée en même temps que d’autres religieuses de sa congrégation. 

Toutes les sœurs, sauf Anuarite, sont emmenées dans une maison voisine à Isiro, la « maison bleue ». Un des chefs des Simba, le colonel Ngalo, aidé par un soldat du nom de Sigbande, essaie de convaincre Anuarite de devenir sa femme. Saisie de peur mais courageuse, elle refuse catégoriquement, même après que les soldats, furieux devant ses refus répétés, l’isolent et la menacent de mort.

Le pardon, une force qui libère

Elle a été tuée d’un coup de lance par le chef des Simba qui avait vainement tenté d’abuser d’elle. Avant de rendre l’âme, la religieuse a dit à son assassin : « Je te pardonne parce que tu ne sais pas ce que tu fais ». Elle a été béatifiée par Saint Jean-Paul II le 15 août 1985, lors de sa visite au Zaïre. La Bienheureuse Anuarite a été déclarée « martyre de la pureté ». Sa fête liturgique est célébrée le 1er décembre.

05 décembre 2019, 11:58