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Couronne de l’Avent, Quatrième dimanche (Photo Illustration ) Couronne de l’Avent, Quatrième dimanche (Photo Illustration ) 

Méditation dominicale : au bout du chemin de l’Avent

Le Père jésuite Raphael Bazebizonza nous introduit à la méditation avec les lectures du 4ème dimanche de l’Avent, année C.
Méditation dominicale 4e Dimanche Avent, avec le Père Raphael Bazebizonza, SJ

Nous arrivons progressivement au bout du chemin de l’Avent. Les textes liturgiques que nous lisons en ce quatrième dimanche nous révèlent combien Dieu voudrait faire son entrée dans le monde ; combien Dieu désirait établir sa demeure en nous, devenir un de nous. Oui, Dieu voudrait embrasser, tous les hommes et toutes les femmes, et plus particulièrement les anawim, les pauvres.

Le royaume de Dieu ne naît pas dans un palais somptueux, ou au milieu d’un peuple hautain, autoréférentiel et autosuffisant, qui pense ne pas avoir besoin des autres. Dans la première lecture, le prophète Michée, nous invite à tourner notre regard vers Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda. Car c’est de ce petit clan, longtemps vilipendé, négligé, minimisé, que sortira le Roi des rois, le Rédempteur de l’homme. La prophétie de Michée nous transmet une vérité présente précisément dans l'agir de Dieu dans l'histoire : « Ce n'est pas parce que tu es grand que je t'ai élu, bien au contraire - tu es le plus petit des peuples ; je t'ai élu parce que je t'aime… », dit Dieu au peuple d'Israël dans l'Ancien Testament. Cette vérité exprime ainsi le paradoxe fondamental de l'histoire du salut : Dieu, notre Dieu, sait agir et travailler également avec des instruments insuffisants. Nous vivons tantôt dans la trop grande folie des grandeurs, tantôt dans l'attente des succès et d’autres signes, - nous devons au contraire accepter la logique de l'agir divin : il ne veut ni sacrifice ni offrande, mais des gens généreux, qui sont formés d’un corps, pour l’aider à naître au creux des mains et surtout dans les cœurs.

La Vierge Marie est celle qui a cru à l’accomplissement de ces paroles. Elle se savait pauvre, incomplète, d’où sa question à l’Ange Gabriel : « Comment cela se fera-t-il ? ». Mais consciente de son indigence et sûre de la miséricorde de Dieu, Marie fait un pas en avant : elle ouvre tout son cœur à Dieu et à la vie. Toutes les grandes choses commencent dans l'humilité. Il est difficile de trouver plus beau modèle de l'Avent. Car l'ange de Dieu est envoyé à chacun de nous pour être le messager de la naissance de Dieu en tout homme. « Dieu engendre à tout moment son Fils en toi », écrivait le poète mystique allemand Angelus Silesius. Chacun est appelé à recevoir en soi le germe de la vie divine, à devenir l'auberge de Dieu, le corps formé où le Christ prend chair.

Nous sommes des chrétiens, nous sommes aussi des hommes contradictoires et incohérents, pécheurs, tous. Mais des hommes qui attendent le salut de Dieu. Nous sommes prétentieux, mais chacun peut être recouvert par la nuée de la Présence divine biblique, dans le sanctuaire de son cœur. Demandons à Marie de nous obtenir un peu de sa simplicité. Il suffit de dire vraiment « oui » pour que notre désert fleurisse et que notre stérilité devienne féconde. Amen !
 

22 décembre 2018, 17:35