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Méditation dominicale, 18 novembre 2018

Le Père jésuite Michel Ntangu, nous introduit à la méditation avec les lectures du 33ème dimanche ordinaire, année B. Première lecture : Dn 12,1-3 - « En ce temps-ci, ton peuple sera délivré ; Deuxième lecture : He 10, 11-14.18 - Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie ; Évangile Mc : 13, 24-32 - Il rassemblera les élus des quatre coins du monde »

Chers Frères et Sœurs dans le Christ !

Comme à chaque fin de l’année liturgique, le dimanche qui précède la célébration de la fête du Christ Roi de l’Univers, nous offre des textes de méditation qui sont pleins d’images souvent empruntées à un genre littéraire que l’on appelle « apocalyptique ». Ces images dans leur description pourraient inspirer la peur sur l’éventualité d’une terrible fin du monde.
Toutefois, au-delà de ces images qui annoncent des cataclysmes sismiques, la première lecture tirée du livre de Daniel (Chap.12, 1-3) ainsi que l’évangile de Marc (Chap.13, 24-32) que nous lirons aujourd’hui, n’insistent pas sur la terreur ni sur la détresse produites par ces cataclysmes. Au contraire, ils nous offrent une image plutôt positive de la fin du monde ; une image qui met en valeur la Bonne Nouvelle de l’Espérance du salut annoncée à travers, l’éveil des morts - la résurrection pour la vie éternelle et surtout le printemps des temps nouveaux inaugurés par le Christ lui-même.  En d’autres termes, Dieu prépare pour nous un printemps nouveau au cœur de notre vie.
Il est vrai que dans la première lecture, le prophète visionnaire Daniel, commence par décrire ces temps derniers comme d’abord « un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci ».
Et dans l’Evangile de Marc, Jésus parle à ses disciples de sa venue en évoquant des images terribles comme l’ébranlement des puissances célestes, la chute des étoiles et la perte de clarté du soleil et de la lune. En effet, ces sont des faits terrifiants !
Encore ici, il ne faut pas lire ces images comme des messages de catastrophe mais comme un appel à l’espérance, un appel à un printemps nouveau. La petite parabole du figuier est très éloquente au sujet des signes avant-coureurs de cet événement. L’éclosion des bourgeons ainsi que l’épanouissement des fleurs sont des signes indubitables du début ou commencement d’un monde de bonheur inauguré par notre Dieu. « Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier », nous dit Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui.

Quelle est la leçon théologique des textes d’aujourd’hui ?


D’abord, nous devons dire que le récit de Jésus dans l’évangile de Saint Marc concernant la fin du monde est en harmonie avec celui de Daniel. Mais, le thème fondamental de ces textes n’est donc pas la fin du monde, mais le retour victorieux et glorieux du Christ qui aujourd’hui se traduit encore par une espérance et le désir d’un monde nouveau où nous brillerons victorieusement « comme des étoiles pour toujours et à jamais »
Ensuite, il s’agit du retour du Christ. Nous attendons la venue du Christ dans sa gloire, non pas son retour dans notre histoire terrestre, mais sa venue victorieuse comme libérateur décisif de l’humanité à la fin heureuse de son histoire.
Enfin, avec espérance, nous attendons avec joie le grand rassemblement des enfants de Dieu par le Christ, car le Fils de l’homme vient lui-même nous sauver. Et en même temps, nous attendons la grande réconciliation de l’humanité pécheresse avec Dieu. « Assis pour toujours à la droite de Dieu, le Christ par son sacrifice unique réconcilie toute l’humanité avec Dieu » comme l’a écrit l’auteur de l’épître aux Hébreux dans la deuxième lecture (Hébreux Chap.10, 11-14.18). En d’autres mots, le Christ attend son heure pour manifester sa victoire définitive sur les forces du mal et sur tous les ennemis de Dieu.
Ceux qui enseignent la crainte, la peur de Dieu n’ont rien compris du sens théologique et spirituel profond des paroles du prophète Daniel ainsi que les paroles du Christ dans l’évangile d’aujourd’hui. Si nous ne prêtions que l’oreille aux messages de catastrophe, chrétiens que nous sommes, n’aurions plus de quoi espérer.
Plutôt que d’avoir peur et de vivre dans l’angoisse de la fin du monde, nous devons aborder la venue du Christ avec une grande joie et avec une sérénité pleine d’espérance puisque le Christ est venu sauver le monde.
Aujourd’hui encore, le Seigneur prépare pour vous et pour moi, pour chacun d’entre nous, un grand printemps. Les bourgeons de l’Espérance et de la victoire du Christ sont visibles sous nos yeux. Laissons-nous instruire par la comparaison du figuier. Le Christ glorieux inaugure pour nous, aujourd’hui, un monde d’espérance où nous resplendirons « comme la splendeur du firmament », où nous brillerons « comme les étoiles pour toujours et à jamais ». Voyez, quelle contraste entre les astres, le soleil, la lune, les étoiles qui s’obscurcissent au dernier jour et la multitude de ceux qui sont sauvés par Jésus Christ qui, eux, au contraire, brilleront pour toujours et à jamais. AMEN

P. Michel Ntangu, SJ
17 novembre 2018, 18:42